« Où est Charlie ? » : le retour du fascisme et du totalitarisme sous le masque de la perversion narcissique

« Je ne dis pas : il y a des fous dangereux au pouvoir – et un seul suffirait –, je dis bien : il n’y a, au pouvoir, que des fous dangereux. Tous jouent au même jeu, et cachent à l’humanité qu’ils aménagent sa mort. Sans hasard. Scientifiquement. »[1]

Quel peut donc être ce « jeu » dont parle Michel Serres dans l’ouvrage auquel j’ai emprunté cette citation ?

En référence aux célèbres bandes dessinées de Martin Handford où le lecteur doit réussir à retrouver plusieurs personnages à l’intérieur d’une image aux détails riches et complexes, je propose d’appeler ce « jeu » du même nom que celui de cette série de livres-jeux : « Où est Charlie ».

« Où est Charlie », pour ce qui nous concerne ici, consiste donc à trouver les indices avant-coureurs précédant l’arrivée du fascisme ou d’un quelconque totalitarisme dans une communauté. Toute ressemblance avec des faits ayant existé est donc totalement fortuite.

Au-delà de cette allégorie que nous révèle l’analyse de ce « jeu » qui consiste à aménager la mort de l’humanité sous couvert d’une froide rationalité totalement « désincarnée » ?

C’est ce que nous allons tenter de découvrir avec ce texte qui présente des pistes de réflexion parsemées de quelques indications de-ci de-là que notre « imagination » devra ensuite rabouter pour faire sens avec nos perceptions sur la situation actuelle de nos sociétés occidentales dites « modernes ».

Dans la journée du 24 décembre 2014, je recevais les vœux quelque peu prémonitoires de la revue Esprit critique. Je vous les présente ici, tant les événements décrits qui précédent la mise en place d’un pouvoir totalitaire font échos à la situation de crise que nous connaissons actuellement :

« En 1936, dans un article intitulé “Comment le fascisme vient aux nations”, le philosophe Emmanuel Mounier écrivait : “Le régime a épuisé ses déceptions et, avec elles, ses raisons d’espérance. Le désespoir est aujourd’hui le seul fond de mémoire politique d’un nombre toujours croissant de citoyens ; ils s’y retrouvent de la droite à la gauche avec une complaisance prête à tous les détournements… Que les violents s’emparent de tous ces désespérés, les nourrissent de quelque fort mensonge, les irritent de tout ce qu’ils n’ont su servir et le fait psychologique sera accompli, qu’assez de complicités matérielles s’apprêtent à soutenir. C’est le moment de nous rendre familière la préhistoire des fascismes, trop oubliée, et de nous faire une science précise des fautes qui en ont permis le succès, des ruses qui leur ont ouvertes les places apparemment les plus fortes.”

Cet appel à la science précise des faits sociaux, vieux de 80 ans, trouve une actualité singulière dans notre “Village Global”, entre indignados et révoltés, pire encore dans la passivité entretenue des laissés pour compte de notre société technologique si bien réglée, déjà digitalisée et programmée pourtant dite de l’abondance (pour certains).

Il appartient aux sciences sociales de repérer – si ce n’est de dénoncer – à l’aide des instruments de critique que nous donnent nos disciplines cette résurgence des âges sombres. »

Cette résurgence des âges sombres… certains auteurs ou théoriciens l’ont anticipé depuis quelques décennies déjà. Ils ont tenté par divers moyens de nous faire savoir que cette « peste noire » est en train de gangréner notre civilisation, de la conduire au bord du chaos et d’entrainer les survivants dans un état d’avilissement pour lequel les fictions 1984 ou Le Meilleur des mondes passeraient pour des romans à l’eau de rose à côté de ce à quoi nous serons réellement confronter si la situation actuelle continue de se dégrader ainsi… avertissement jusqu’à présent resté vain !

Malgré les signaux d’alerte que de nombreux chercheurs tirent un peu partout dans le monde, force est de constater qu’à l’exception de quelques « initiés » un tant soit peu informés, c’est l’apathie quasi généralisée qui reste de mise. Peu de personnes ont véritablement conscience des « forces » à l’œuvre actuellement qui concourent à notre propre destruction, et ce, même si de plus en plus de gens perçoivent désormais le danger qui se profile à l’horizon. De plus, poser des questions qui dérangent, émettre des doutes raisonnables ou exprimer une pensée divergente à celles admises par la « bien-pensance politico-merdiatique » est désormais considéré comme suspect et peut même vous conduire en garde à vue quel que soit votre âge[2]… ou pire !

Aller à l’encontre des idées portées par le pouvoir en exercice, vous range d’office dans la catégorie des indésirables « complotistes », « négationnistes », « antisémites » et j’en passe, qu’il faut ostraciser par tous les moyens pervers qu’autorise la communication déviante et paradoxale dont nos élites se sont fait une spécialité[3].

Ces vœux apparaissent donc comme une petite éclaircie dans un ciel très sombre, car enfin des sociologues, anthropologues, psychologues et autres chercheurs en sciences sociales ont l’intention de sérieusement se pencher sur la question du repérage et de la dénonciation de « cette résurgence des âges sombres » qui précède l’avènement du fascisme et des systèmes totalitaires. Ce dont nous pouvons nous réjouir, car si les études pour la plupart comparatives des totalitarismes du XXe siècle sont nombreuses, elles ont essentiellement consisté à décrire ce que fut la vie des « survivants » dans une telle organisation sociale et ont toujours été réalisées a posteriori en procédant à l’analyse des conséquences de tels systèmes gouvernementaux sur les populations. Il n’en existe quasiment pas ayant été réalisé a priori, c’est-à-dire avant l’arrivée au pouvoir de dictateurs imposant leur seule et unique vision du monde. Ce qui fait que nous ne connaissons pas la dynamique à l’œuvre faisant plonger toute une société dans un radicalisme d’État conduisant au fascisme et au totalitarisme. Pas de prévention possible donc, d’où l’utilité d’une telle entreprise d’autant que désormais, l’expérience passée a de quoi nous apporter matière à réflexion.

C’est du moins ce que semblent penser les auteurs de la revue Esprit critique si l’on en croit leurs vœux pour cette nouvelle année. En tel cas, il apparaît utile de faire savoir que cette science précise des faits sociaux existe déjà.

Même si elle reste ouverte à la réflexion, et donc à compléter, ses précurseurs ont déjà bien défriché le parcours. Cependant, mal utilisée parce que mal comprise – et donc mal reçue –, elle reste circonscrite à un usage familial, domaine tabou par excellence, tant et si bien que son importance pour l’ensemble de la société n’a jamais été admise. Mais si cette théorie est mal comprise, elle est loin d’être inconnue du grand public puisque certains la dénoncent comme étant un phénomène de mode.

Cette théorie est celle de la perversion narcissique qui revêt aujourd’hui une importance d’autant plus capitale que nous avons laissé les choses empirer sans jamais s’y opposer véritablement ; exception faite de quelques lanceurs d’alertes bien trop esseulés, mis à l’index et ostracisés par l’establishment en faction à la tête de nos « démocraties ».

Cette proximité de la perversion narcissique avec le nazisme et les différentes formes de totalitarisme qu’a connu l’humanité n’a pas échappé à ceux qui l’ont étudiée et conceptualisée. L’un des pionniers de cette théorie, Alberto Eiguer, écrivait en 1983 : « Ce sujet aux contours imprécis, la perversion narcissique, a suscité peu de réactions dans la littérature et ceci malgré l’intérêt croissant pour les relations intrafamiliales, pour les liens transférentiels du psychotique à l’égard du thérapeute et de l’institution traitante, pour la mise au jour du narcissisme avec tous ses développements, pour l’étude de la personnalité autoritaire, et pour l’étude du leadership et du pouvoir. »[4]

Alberto Eiguer, qui est loin d’être le seul à être parvenu aux mêmes conclusions, précise encore qu’« à la question de savoir comment fait le leader autoritaire pour s’attirer la sympathie de foules, voire leur dévotion, nous pouvons répondre que nous trouvons l’explication dans l’étude de la relation entre le p.n. et son complice. […] En fait, les dictateurs ne peuvent subsister aujourd’hui sans l’utilisation de moyens démagogiques (les exemples abondent) ; ils affirment leur pouvoir par une action sur la foule, par des cérémonies et des rituels parfois assez pittoresques. La panoplie des moyens utilisés pour exercer, maintenir et consolider le pouvoir contient, entre autres, des moyens p.n. – toute distance entre le social et l’individuel étant gardée. La pratique de la terreur est un moyen courant pour paralyser les réactions, mais cette terreur est trop voyante pour que certaines personnes ne réagissent pas. Alors les moyens indirects, discrets et manipulateurs, deviennent la règle. Tel est alors le cas de la séduction narcissique : le plus important, c’est de ne rien offrir en faisant semblant de tout offrir et ensuite, de faire croire que le tyran se sacrifie pour la cause du peuple (don imaginaire). »[5]

Puis il conclut : « La formule implicite […] du dictateur, du marchand d’illusion, peut-être : « Croyez en moi, aimez-moi comme moi je vous aime ; moi qui me sacrifie pour vous, sacrifiez-vous à votre tour, je vais tout vous offrir, à condition que vous sachiez vous résignez à ne rien vouloir recevoir.” »[6]

Nous reconnaissons dans cette formule implicite la structure d’une communication paradoxale dont j’ai évoqué les effets dans de précédents articles[7] (cf. infra notes 13 et 14). Ce type de message a pour conséquence de produire un « décervelage » qui inhibe nos capacités d’analyse, notre esprit critique, nos facultés de discernement et aliène notre libre arbitre. Ces techniques sont basées sur le principe fondamental de la torture qui consiste à faire agir les unes contre les autres différentes aires de la personnalité[8]. Elles induisent une traumatisation complexe – ou chronique – et un stress dont l’origine est  inconsciente. Il en résulte de très nombreux troubles psychosomatiques incompréhensibles qui peuvent déboucher sur des maladies graves. De par l’impossibilité à en situer la source et à en suivre le cheminement, ces affections traversent les générations par des processus complexes telle la transmission transgénérationnelle des traumatismes et de la souffrance non dite dont l’épigénétique commence tout juste à décrypter le message venant renforcer par là les intuitions géniales du découvreur de la perversion narcissique[9].

C’est ainsi que ce dernier pouvait à juste titre écrire à propos de ces personnalités autoritaires : « Des sujets qui, plutôt que de souffrir des peines ordinaires, font souffrir des tourments extraordinaires au moi des autres ; des travaux qui, d’être expulsés, vont perdre figure humaine ; des secrets violables aptes à tuer toute capacité de secret ; des noyaux pervers gâchant tout alentour les charmes de la libido et les vertus de la vérité ; une pensée s’exerçant à tarir le courant de la pensée : […] rien de plus difficile à comprendre ; et pourtant rien de plus important à connaître dans les rouages interpsychiques des familles, des institutions, des groupes et même des sociétés. »[10]

Il n’est effectivement rien de plus important à connaître, car c’est bien dans les rouages interpsychiques des familles, des institutions, des groupes et même des sociétés que nous allons déloger le Mal qui les gangrène.

Ce Mal est l’apanage des personnalités toxiques marquées par une des pathologies narcissiques perverses telles que décrites par P.-C. Racamier et dont la principale défense intrapsychique qui les caractérise est le déni d’autonomie où ce qui est refusé à l’objet – au sens psychanalytique du terme – c’est son indépendance, sa liberté de choix, son libre arbitre, ses désirs propres, etc. Ce déni d’autonomie va être renforcé par des mécanismes de défenses secondaires qui ensemble vont générer une « organisation de défenses conjointement dressées » à laquelle Racamier donne le nom de défense de survivance ou défense de survie[11] s’articulant autour du double principe d’autoconservation et d’anéantissement et qu’il situe antérieurement au principe lui aussi double et beaucoup plus célèbre de plaisir et de déplaisir. Ce que viennent corroborer les découvertes récentes d’Antonio Damasio dont les travaux ont été présentés dans une précédente série d’articles (cf. « Empathie, conscience morale et psychopathie », partie 1/3 : « Le développement moral », partie 2/3 : « L’intelligence émotionnelle » et partie 3/3 : « Une nouvelle conscience pour un monde en crise »).

Mais ces précisions ne nous renseignent guère sur la véritable origine du Mal, car même si nous pouvons identifier une personne à incriminer, cela ne résout pas le problème du Mal pour autant. En effet, pour qu’une personnalité soit jugée « toxique » il faut bien que d’une manière ou d’une autre elle puisse « contaminer » son entourage qui dans les pathologies narcissiques perverses se « déprécie » en lieu et place du pervers. Il faut donc pour cela qu’elle diffuse un l’élément toxique dans son environnement.

Comprendre la nature de cette « toxine » relève donc d’une question de survie et devrait être l’un de nos principaux objectifs. À moins d’être totalement suicidaire… ce qui entrainerait d’autres suppositions.

Dans l’un des rares essais associant le totalitarisme au narcissisme, Radu Clit démontre, d’après les analyses des régimes totalitaires de Raymond Aron, Hannah Arendt, George Orwell, etc., que la principale caractéristique du totalitarisme est la terreur. Puis il s’interroge : « Quand la terreur sociale est ouverte et évidente, son équivalent serait l’effroi ; devenue latente, elle serait réductible à l’angoisse de réel. Dans les deux versions, la terreur transmet l’existence d’un danger extérieur. Quelle serait sa nature ? »[12]

Malgré de nombreuses références à  P.-C. Racamier, une recension de la littérature spécialisée et une brillante analyse qui mérite une lecture attentive par tous ceux préoccupés par cette problématique, il est assez frappant de constater que Radu Clit ne parvient pas à trouver la réponse à cette question et l’évite tout en y tournant autour[13] alors qu’elle est pourtant bien mise en évidence dans la théorie de la perversion narcissique (cf. la topique intégrative issue de la troisième topique psychanalytique de Racamier telle que succinctement présentée lors de mes deux précédents articles). Ce contournement d’école a de quoi surprendre et laisse véritablement songeur, car mal diagnostiqué, ce Mal ne peut être correctement endigué.

Quoi qu’il en soit, la solution que cherche Radu Clit réside dans le transport du processus de deuil ou de conflits internes, déjà altéré, défiguré et mis en agir, car non faits et refusés par le Moi du sujet : « Ce transport, à long terme, s’effectuera par la voie d’un comportement qui est interagi et manipulatoire. Ce comportement est à type de dilemme ou de paradoxe imposé à un tiers ; tels sont les moyens de transport privilégiés des deuils et dépressions refusés[14]. Les transports d’amalgame dépressif sont à direction unique : toujours vers le dehors, et à propriété unique : toujours empoisonnants. »[15]

Ainsi donc, voilà clairement identifiée et nommée la toxine libérée par ses sujets au narcissisme pathologique qui infectent les familles, les groupes, les institutions et des nations entières. Pour autant que l’on se souvienne des paroles de Racamier citées au point 10 de ce billet et soulignées par mes soins, car cet aspect de la problématique est sous-estimé par nos dirigeants et le grand public.

Dans sa présentation de 1983, Alberto Eiguer précise encore au sujet des dictateurs et des marchands d’illusion que « les leaders finissent par confondre les limites entre domaine du besoin et domaine du désir ». Cette remarque est particulièrement importante pour analyser la situation de notre société actuelle, car la captation du désir d’autrui est justement ce à quoi s’évertue le système capitaliste comme l’a très bien démontré Olivier Labouret dans ouvrage Le nouvel ordre psychiatrique – Guerre économique et guerre psychologique présenté ici même dans l’article intitulé « La mondialisation de la perversion narcissique » attestant du fait que quelques chercheurs ont très bien compris l’origine perverse de cette confusion entre besoin et désir.

Or, la captation du désir d’autrui par la production d’illusions répondant aux attentes des populations est également l’une des deux principales caractéristiques – avec la terreur – communes à tous les systèmes totalitaires que Radu Clit met en exergue dans son étude sur les différents totalitarismes.

Le parcours auquel j’ai convié le lecteur tout au long de mes précédentes publications qui abordent cette problématique de façon pluridisciplinaire avait pour principal objectif de révéler l’importance et la précision d’une théorie qui appliquée à la société tout entière est capable de nous dire ce qu’il adviendra dans un futur proche si nous laissons notre avenir entre les mains des fous qui nous gouvernent. Ce qui répond à l’appel de 1936 du philosophe Emmanuel Mounier et à celui de C. G. Jung dans l’interview de 1945 qu’il a accordé à Eugen Kolb pour le journal Mishmar au cours de laquelle il dénonce l’infection psychopathique de la propagande nazie dont nous connaissons le résultat et les atrocités[16].

À noter toutefois que cela ne clôt pas le sujet pour autant puisqu’il me reste désormais à détailler les modes de transport et les mécanismes par lesquels cette toxine agit sur les psychés individuelles et collectives.

À suivre !

Philippe Vergnes

N.B. :

Le lecteur impatient pourra toutefois prendre connaissance de trois précédents articles qui introduisent ce dernier sujet : « Le “pouvoir”, les “crises”, la communication paradoxale et “l’effort pour rendre l’autre fou” » ; « Comprendre l’emprise : la relation “en-pire” » et « La “novlangue” des psychopathes ».

[1] Michel Serres, Hermès III : La Traduction, Paris, Minuit, 1974, p. 74.

[2] Ce qui n’a pas échappé à Amnesty International qui, dans un communiqué de presse, a réprimandé la France pour ses arrestations abusives au prétexte « d’apologie du terrorisme ».

[3] L’occasion nous sera donnée d’approfondir ce sujet dans un avenir proche, mais le lecteur curieux peut déjà assouvir son désir de connaissance en lisant ce billet introductif à ce phénomène indissociable du fascisme et du totalitarisme : « Le “pouvoir”, les “crises”, la communication paradoxale et “l’effort pour rendre l’autre fou” »

[4] Alberto Eiguer, « Le pervers-narcissique et son complice. Etude phénoménologique », in Dialogue n° 81, 1983, pp. 60-61. C’est moi qui souligne.

Cette assertion est toujours d’actualité comme en attestent les références évoquées dans la série d’articles sur la « Pathologie du pouvoir : Psychologie des leaders psychopathes » :

[5] Ibidem, p. 68.

[6] Ibidem, p. 69. Souligné par Alberto Eiguer.

[7] Cf. « Le “pouvoir”, les “crises”, la communication paradoxale et “l’effort pour rendre l’autre fou” » ; « Comprendre l’emprise, la relation “en-pire” » ; « La “novlangue” des psychopathes ».

[8] Cf. « Pervers narcissiques : Les personnes les plus intelligentes sont les plus exposées ».

[9] Cf. la conclusion de l’article « Perversion narcissique et traumatismes psychiques – L’approche biologisante » et le lien vers le n° 1110 de Science et Vie de mars 2010, « Nos états d’âmes modifient notre ADN ».

[10] Paul-Claude Racamier, « Pensée perverse et décervelage », in Gruppo, Revue de Psychanalyse Groupale, n° 8, 1992, p. 137. C’est moi qui souligne.

[11] Cf. « Idiosyncrasie du pervers narcissique (2/2) : définitions », note 30.

[12] Radu Clit, Cadre totalitaire et fonctionnement narcissique, Paris, L’Harmattan, 2001, p. 48.

[13] Dans son essai, Radu Clit parvient bien à préciser qu’« il convient d’évoquer une certaine capacité de contagion de la pensée totalitaire » (p. 177) et parle également du « risque du maintien de “l’infection” » (p. 187), mais nulle part il n’indique comment une telle « toxine » se maintient et se propage.

[14] Le dilemme consiste à placer un « dépositaire » devant une alternative à laquelle il ne peut échapper, mais dont aucun des termes n’est satisfaisant, chacun renvoyant nécessairement à l’autre, et tous deux se révélant aussi calamiteux l’un que l’autre. […] La « prise » paradoxale est encore plus complexe : les termes dont elle est nouée ne sont même pas opposables ; bref, on n’en voit pas le bout.

[15] Paul-Claude Racamier, Le génie des origines, Paris, Payot, 1992, pp. 71-72.

[16] Cf. notes 7 et 8 de l’article « Pervers narcissique (partie 1/2) – Plongée au cœur d’un concept en vogue ».

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17 commentaires

  1. Bonjour,

    J’étais venue sur l’un de vos articles sur agoravox (vers la fin de l’été, début de l’automne) Etudiante (pas jeune) en psychologie.

    Depuis, j’ai clos mon compte et préfère la positivité d’autres lieux virtuels ou réels. Je m’y étais inscrite, au début, pour justement dénoncer à longueur de commentaires les danger de trop d’insouciance, et cette excessive confiance en des gens qui en ont bien trop profité.
    Pour me retrouver à écrire un peu n’importe quoi, à la longue. Vu que tout le monde est allé voter en 2012 pour une personne X ou Y , alimentant une machine qu’il aurait fallu, au contraire « gripper ».
    Une lassitude à laquelle j’ai réagi selon mon système de défense : l’imaginaire, l’art, la nature.

    Pourtant, je retourne de temps en temps sur zebra qui constitue un terreau où je puise quelques fois des clés, précieuses.
    Mais pareil, mieux vaut ne pas trop s’y attarder.

    Il y a quelques temps je lisais un article sur Marion qui s’est suicidée suite à du harcèlement scolaire, j’ai fait des recherches et les attitudes tant des encadrants que des autres parents, fait froid dans le dos, mais ne surprend pas,
    malheureusement.

    Un livre, lu récemment et qui retrace ces années de solitudes traversées par certains adolescents et pour certains toute leur vie :

    « la solitude des nombres premiers ».

    Sur l’un des articles j’ai pris connaissance d’une pratique qui m’a remplie d’horreur (alors que ce qu’à vécu Marion est déjà en soi, assez angoissant). Le premier réflexe est de rejeter l’information, en la qualifiant de « paranoïa » caractérisée, mais, devant le caractère opaque et poisseux des relations entre les gens, je me suis ravisée et j’ai continué à lire…et si ce n’était pas du délire ?

    Le Gang Stalking.

    Je vous place un lien, mais il y a de nombreux sites qui en parlent :

    http://www.ronange.com/competences/___domaines_de_competence___gang_stalking

    Par contre, je ne vois pas bien, « qui » serait gêné par la victime au point de mettre en oeuvre, un tel objectif.

    J’ai presque fini le livre sur la Ponérologie.
    Tout cela, plus vos articles que je retrouve souvent sur SOTT, agissent comme des pans de rideaux qui se soulèveraient, pour montrer une froide réalité qui s’installe peu à peu.
    Toutes vos références sont justes et rejoignent beaucoup de mes cours de psychologie cognitive, mais aussi sociale.
    Je vous place le lien à la page sur la dissonance cognitive, puisqu’elle concerne directement le sujet :

    http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=366&Itemid=85

    En effet, la théorie de la double contrainte ou injonction paradoxale fut illustrée par de nombreuses expériences, relatée dans le cours de psychologie sociale (le site ne se manie pas facilement, il faut cliquer sur le « en savoir plus » à la fin pour développer l’article, ou d’autres fois sur le titre. Cette remarque m’a été faite par d’autres personnes auxquelles j’ai communiqué ce site).

    Je n’ai pas vraiment de question, mais j’allais dire, m’intéresse, ce n’est pas tout à fait juste, mon domaine de prédilection est plutôt l’intelligence/ou son déficit, mais ce sujet PN, psychopathie…m’intrigue, ou constitue une des présences angoissantes qui rampent sous le lit ou se cachent dans les placards lorsque l’on est enfant (les fameux « monstres ») et dont la seule possibilité de faire cesser la glaçante impression est d’aller vérifier, de s’y pencher dessus.
    Ce qui s’est passé depuis les voeux de votre revue, justement en lien avec ce prénom de Charlie, poursuit le processus.

    • Bonjour Katy,
      Je me souviens très bien de vous. Si justement j’avais pu vous dire d’aller à la lecture des sources, c’est bien parce que j’avais « senti » qu’il vous fallait du temps pour « digérer » certaines informations afin que vous les assimiliez à votre rythme.
      Alors sur la question du « Gang Stalking », je connais très bien par expérience personnelle puisque c’est cette problématique vécue qui m’a fait m’intéresser au sujet des perversions narcissiques et des psychopathies il y a plus de vingt ans de ça (à l’époque je n’identifiais pas ce problème ainsi).
      J’essaierais de répondre prochainement à la question que vous soulevez : « Par contre, je ne vois pas bien, « qui » serait gêné par la victime au point de mettre en oeuvre, un tel objectif. » C’est dans mes projets. J’ai un peu abordé le sujet dans mon interview accordé au journal l’Obs (Pervers narcissiques : « Les personnes les plus intelligentes sont les plus exposées »).
      Après, il me reste encore de nombreux points à aborder dans la perversion narcissiques comme le concept d’incestuel (que Racamier définit comme un « inceste moral », mais de cela j’en reparlerais probablement ultérieurement, car mes articles sur ces personnalités toxiques ont parfois du mal à « passer » auprès du grand public : la plupart du temps, les gens dénient ces informations qui révèlent une réalité quelque peu « traumatisante »).
      Bien à vous,

  2. Oui, je reconnais que je fais partie de ceux que cela terrifie. Système de défense : m’enfermer dans ma bulle et opérer un repli ou une fuite selon les possibilités (le repli étant une fuite abstraite, comportementale).
    Mais j’avoue, que comme beaucoup sur zebra, je crains ce genre de personnages.

    Flûte pour le Gang Stalking, j’aurais vraiment aimé que la réponse soit de l’ordre du : ho ce ne sont que des rumeurs.
    Car, franchement, c’est le truc le plus effrayant que j’ai pu lire.

    Mais compte tenu du fait que le phénomène semble se répandre (le nombre de sites qui en parlent), de ma curiosité personnelle et le fait que, si l’imaginaire est un refuge, il ne l’est que le temps de « digérer » (oui comme vous dîtes) une réalité choquante (plus j’avance dans la recherche sur les gens, plus je passe de Charibde en Scylla), mais pour autant, incontournable (en clair, je n’arrive pas à me mentir, ou pas longtemps, pour vivre).

    En plus, votre sujet sur les PN, a un lien très étroit à ce qui initia ma quête sur l’humain, justement, il y a très longtemps : comment peut-on en arriver là ? en étudiant des attitudes des nazis en classe.
    Et ce qui en découle, par quelle force sont animés ceux qui résistent à ces régimes, alors qu’ils savent à quelles horreurs ils s’exposent ?
    En chemin, j’ai croisé le concept d’intelligence (et tout le panel nuancier qui part de la surefficience à la déficience en passant par une particularité : l’autisme) qui m’ont interpellée et intéressée.

    Cette dynamique de PN, il est possible de l’avoir côtoyée sans l’avoir identifiée comme telle. Car, il y en a forcément qui traînent sur les forums. Mais également dans sa vie professionnelle et/ou personnelle.

    Je ne sais pas si ça ressemble à cela : une sensation que quelque chose de froid enserre le cou et que le sol se dérobe sous les pieds, une impression de se retrouver face à des interactions totalement biaisées sans pouvoir identifier vraiment le biais et finir par se demander si l’on ne devient pas fou ?
    Un peu comme un malaise que l’on ressent sans pouvoir savoir à quoi exactement il est dû.

    Je suis de votre avis concernant l’instillation d’un processus pathologique dans la société.

    L’an dernier, j’ai travaillé dans un service, où je sentais cette sorte de malaise, me trouvais face à des directives, déclarations des collègues entre eux, qui partaient dans des sens opposés : le fameux on travaille dans l’ humanitude, alors que c’est la rapidité qui était mise en valeur (hors, les deux peuvent se corréler, mais jusqu’à un certain point, au-delà, ils divergent totalement). Il m’est encore impossible de mettre un nom sur l’instigateur ou trice de ce processus qui empoisonnait le service.
    La dissonance se situait clairement entre le « corps » hiérarchique d’encadrement et les agents du service (de l’infirmière à l’ASH). Etait-ce une collègue qui, il est vrai, inspirait la suspicion (bien que l’ayant écoutée, j’en suis arrivée à me poser des questions, voire ressentir une certaine méfiance. Car ses « paroles » ne collaient pas totalement à ses « actes » et avait tendance à disparaître comme par magie, durant des heures) ? Ou la cadre ? Certains pensaient au directeur ?
    Il est curieux que la représentante du « label » humanitude était à cette époque, la personne la plus froide du service, et pour tout dire, je n’en ai rencontré que rarement (s’il y en a deux ou trois, pas plus) de gens qui le soient à ce point.

    Et puis sur agoravox, certains excellent dans l’art de tirer des phrases à multiples sens et d’attribuer de façon arbitraire la « bonne » ou « mauvaise » interprétation en fonction des intervenants. J’ai ressenti, récemment la même sensation que dans ce service : cette impression que le sol se dérobe sous ses pieds et que, quoi que l’on dise ou fasse, on a toujours la désagréable sensation d’être toujours à côté de la plaque. En tout cas, celle attendue par l’instigateur ou trice.

    Donc, je préfère désormais rester dans mon coin, et lire, ce qu’il y a d’intéressant à lire.

    J’ai gardé le lien sur le Gang Stalking que je vous ai donné.

    • Beaucoup de choses dans votre commentaire, sur votre sentiment de « malaise » fort compréhensible face à ce sujet, lire notamment : et . (Il serait plutôt conseillé de lire ce second article en premier, car la communication paradoxale « excite » nos amygdales cérébrales d’où les sensations de « malaises » que vous éprouvez sans, pour l’heure, les identifier).
      Concernant, agoravox et certains intervenants, j’ai compris depuis longtemps tout l’avantage que je pouvais tirer de ce site. C’est en quelque sorte mon « laboratoire » pour l’étude des injonctions paradoxales (de telles études sont rares, même si j’attends avec impatience un livre annoncé sur le sujet). C’est de plus le sujet de l’un de mes prochains billets comme annoncé dans ce dernier article.
      Un petit livre très simple à lire d’un auteur très important à mes yeux que l’on n’évoque pas assez pour ses travaux psychanalytiques (ce qui est tout de même curieux) et qui répondra probablement à beaucoup de vos interrogations. Ces écrits sont très proches de ceux de Racamier, mais plus simple à aborder lors d’une première approche : Erich Fromm, Le Cœur de l’homme. Sa description du « nécrophile » est très proche de celle de la perversion narcissique.

  3. L’article de fond montre son intérêt pour mon livre « Cadre totalitaire et fonctionnement narcissique », ce qui est tout à fait louable. L’analyse de la terreur sociale que j’ai faite est aussi signalée, et même conseillée au lecteur. Plus intéressant, il y a l’idée que dans mon texte est absente la réponse quant à la nature de cette terreur.
    J’aimerais simplement signaler que ma construction porte sur le totalitarisme au pouvoir, déjà installé dans la société (ou moins en train de s’installer), et même qui a pris fin. Or la thématique du blog semble être en rapport avec le terrorisme actuel, révélé par l’attaque scélérate contre Charlie hebdo, et qui aurait un soubassement totalitaire. Je suis d’accord qu’il peut y avoir une promesse de nature perverse dans le projet totalitaire, mais elle n’est jamais possible sans un prix très élevé. La fin des régimes totalitaires en tant que tels en Europe devrait confirmer cette idée. Néanmoins, la perversion narcissique est traité dans les pages de mon livre. La question est qu’en fonction de la position par rapport au pouvoir, la perversion est exercée ou subie. Or dans mon travail il s’agit du sujet moyen du régime totalitaire, qui subit plus qu’il n’exerce un tel mouvement.

    • Bonjour et merci pour votre passage ici.
      Je n’ai pas su trouver vos coordonnées pour vous faire parvenir ce texte, ce qui aurait été la moindre des choses. Il est donc heureux que vous y répondiez. Vos remarques et vos précisions sont les bienvenues, d’autant que votre étude est l’une des rares à approfondir la thèse du narcissisme en lien avec le totalitarisme.
      À ce titre, je la recommande vivement à tous ceux qui étudient un tel sujet.
      Bien entendu, votre travail porte sur le totalitarisme au pouvoir et c’est bien ce que j’annonce dans mon article concernant la plupart des écrits sur ce type de régime.
      J’avais bien noté également le fait que votre travail portait sur le sujet moyen du régime totalitaire « qui subit plus qu’il n’exerce un tel mouvement ».
      J’aimerais toutefois apporter une précision quant à « l’idée que dans [votre] texte est absente la réponse quant à la nature de cette terreur ». Il est probable qu’ici la question de « nature » pose problème. En effet, lorsque vous dites avant de poser votre question concernant la nature [de la terreur] : « Quand la terreur sociale est ouverte et évidente, son équivalent serait l’effroi ; devenue latente, elle serait réductible à l’angoisse de réel. Dans les deux versions, la terreur transmet l’existence d’un danger extérieur. » Vous exprimez très bien le fait que dans sa période latente, la terreur est réductible à l’angoisse de réel. Or, quel peut donc être l’origine de cette angoisse, comment se propage-t-elle et affecte-t-elle les sujets du totalitarisme que l’on pourrait sur le coup qualifier de « rampant » (Bilheran, 2010) ?
      Autrement dit qu’elles sont les voies de transport et le(s) véhicule(s) que la terreur emprunte en période de latence ?
      C’est à cette question que j’aurais véritablement souhaité que vous répondiez. D’où ma réponse qui suit dans mon texte, car nous la trouvons dans la théorie de la perversion narcissique que l’on ne peut pas vraiment dire que vous évoquez, bien que vous fassiez amplement référence à la séduction narcissique qui, elle, n’est qu’un aspect de cette théorie (extrêmement important puisque tout part d’elle, mais assez « maigre » pour en expliquer justement ses moyens de diffusion, de propagation jusqu’à donner naissance au totalitarisme).
      Mais je comprends votre souci qui était une recherche d’une « position totalitaire », et je me répète, cela n’hôte en rien l’intérêt de votre essai.
      Mon approche est plus psychosociale et interpsychique plutôt qu’intrapsychique.
      Quoi qu’il en soit, merci encore pour votre visite et vos remarques qui apportent quelques précisions utiles concernant votre énorme travail de synthèse qu’il faut saluer comme il se doit.
      Cordialement,

      • Je comprends mieux votre question, et de mon point de vue, la réponse est donnée, la terreur latente fait partie du cadre totalitaire ! Il s’agit d’un cadre social que l’individu intègre et dont il tient compte sans le vouloir. C’est à l’intérieur de ce cadre qu’il se laisse séduire par l’illusion du pouvoir, qui est alléchante pour la position totalitaire. Mais il n’en est rien, s’il interroge ce pouvoir, il risque de se faire écraser !

    • Merci encore pour ses précisions…
      Vous dites que « la terreur latente fait partie du cadre totalitaire ! Il s’agit d’un cadre social que l’individu intègre et dont il tient compte sans le vouloir. »
      Cette réponse est importante selon moi, car de ce fait vous associez, fort justement, la terreur latente au cadre totalitaire déjà advenu. Ce qui était, cela va de soi, le point de départ de votre analyse.
      Personnellement, je cherche les aspects, les éléments, les conditions (appelons cela comme il vous plaira) qui préludent à l’installation du cadre totalitaire, car selon moi, si l’on part du narcissisme et de la « position totalitaire » que vous décrivez, il y faut une « passerelle », un lieu de passage et des modalités de « transfert » entre l’intra et l’interpsychique pour se matérialiser.
      L’étude, l’analyse et la description de ce « pont » et de ses moyens de transport nous permettraient de prévenir le totalitarisme plutôt que de le subir.
      Tel est plutôt, grosso modo, mon souci.
      La seule piste que j’ai pu trouver à l’heure actuelle et celle tracée par la psychanalyse groupale et familiale qui me paraît cohérente pour expliquer ces phénomènes et notamment les travaux de Racamier, Anzieu, Roussillon, Searles, Ruffiot ou encore Eiguer, etc. qui ont travaillé sur les paradoxes, auxquels s’adjoignent les auteurs que vous citez tel que René Kaës, etc. pour les liens intersubjectifs. (Sur la question des paradoxes étudiés par les psychanalystes, si vous avez des suggestions de livres ou d’autres auteurs que ceux cités, je suis preneur.)
      Vous dîtes qu’« il s’agit d’un cadre social que l’individu intègre et dont il tient compte sans le vouloir ». C’est-à-dire, je suppose : inconsciemment. Ce détail est particulièrement important, car si l’on étudie la question des paradoxes, nous découvrons que cette « adhésion » involontaire est similaire à une identification à l’agresseur. Et là, ça colle très bien avec le processus individuel que subissent les victimes de tyrans domestiques que l’on appelle souvent les pervers narcissiques. À l’intérieur de ce cadre, « le sujet moyen du totalitarisme » ne se laisse pas « séduire », à mon sens, il éprouve plutôt ce qui est plus connu sous le nom de syndrome de Stockholm qui est en partie lié aux dissonances cognitives éprouvées face aux injonctions paradoxales de nos dirigeants.
      C’est du moins l’opinion que j’essaie de développer pour en décrire le mouvement.

  4. J’étudie ce phénomène au travers de mon expérience personnelle. Je fais un grand travail d’analyse du trangénérationnel et de recherche des secrets de mes familles. Il est intéressant notamment de voir ce que les gens pensent de certaines choses, notamment des enfants nés de père inconnu dans un arbre généalogique. Pour les femmes de ma famille et surtout ma mère il s’agit d’enfants nés de viols, ou de droit de cuissage des patrons sur des jeunes filles servantes ou domestiques chez eux. Nulle part elles ne vous diront que l’enfant peut-être :
    * le fruit d’une liaison désaprouvée des parents (rang social, communautés différentes etc etc)
    * un enfant adultérin
    * d’un père décédé (guerre, service militaire, maladie, folie etc..)
    * d’un étranger de passage dans la commune ou ville (compagnon, travailleur, colporteur, soldat, etc..)
    * le choix d’une femme ayant voulu élever un enfant seule
    * un enfant fait dans le dos en vue d’obliger le futur père à se marier (très courant dans les campagnes)
    * l’enfant qui va permettre à la fille aînée de s’émanciper et s’échapper de l’emprise de ses parents (les aîné(e)s étant sacrifiés à la famille)
    etc etc..
    Lorsque j’ai vu le film Family Life, j’en ai pleuré, j’ai reconnu les délires de mes parents (les sujets des projections étaient différents quoique destructeurs aussi), la perversion de ma mère à diviser et briser les relations entre ses enfants et son mari, briser la fratrie.
    Elle a joint à sa folie ses soeurs qui en rajoutent des couches, je vois le noeud pervers qui consiste à trouver un maillon faible dans la famille et se défouler dessus, monter en épingle des scénarios complètement loufoques. C’est hallucinant à voir entendre et pis, à vivre, seule la fuite est de mise.

    C’est grâce à cette prise de conscience que j’ai compris le harcèlement moral et sexuel au travail, les ex-conjoints pervers narcissiques, les problèmes avec ma fratrie, 40 ans de souffrances.
    Le travail de reconstruction est dense.
    Comme par hasard, ma fille veut devenir éducatrice de jeunes enfants et entre en 2 ème année de psycho…
    J’avais mille raisons d’en finir, et mille de finir en HP si j’avais disjoncté, je quittais les lieux, quittait les réunions de famille, les repas délirants, l’isolement et la destruction morale d’une personne par une autre, avec l’aval, la complicité du conjoint est une folie pure. Il est regrettable que l’on n’en parle pas assez.

    L’aliénation parentale est folie pour l’enfant qui subit sans pouvoir se défendre.

  5. Extrait d’un livre qui fut longtemps et même toujours ma Bible : Œdipe et psychanalyse d’aujourd’hui (Privat). Sous la Direction de Henri Sztulman. Introduction de Janine Chasseguet-Smirgel ; En 2010 Quand le « fasciste belge  » est arrivé au pouvoir (cette fois, les belges ont devancé les français, je me souvenais de ce petit extrait de Janine C-S dont je vous relate l’extrait, page 12 : Ainsi CABARET de Harold Prince, qui se passe à Berlin en 1931, commence dans un music-hall de travestis (LGBT) où le meneur de jeu, au sens propre et au sens figuré, maquillé comme une poupée, à la voix haut perchée, représente le diable (ou, si l’on veut Hitler in uns), celui qui connaît les hommes, les manipule et les conduit jusqu’à l’accomplissement inéluctable de leur destin. Tout le film est scandé par les séquences qui se déroulent dans le cabinet de travestis, microcosme où apparaissent comme grossies et stylisées comme dans un cauchemar, les étapes successives de la montée du nazisme. Vous comprendrez un peu mieux pourquoi j’ai éprouvé une haine indescriptible à l’égard d’Élisabeth Roudinesco, Judith Butler et Marcelle Iacub qui sont les égéries du mouvement LGBT, et du mariage homosexuel. Étrange synchronicité. Le film est sorti en Belgique LA VEILLE DE LA NAISSANCE DE MACRON (le 22 décembre 1977). Lire aussi: Lebrun : La perversion ordinaire (aussi un belge…).

  6. Vous comparez deux phénomènes très différents.
    Entre les deux guerres en Allemagne, des artistes homosexuels montraient le visage caché d’une société qui couvait le fascisme. Ils cachaient eux-mêmes leur identité particulière – ils étaient passible de peines avec prison – et étaient contraints à la clandestinité. Leur message n’était pas du tout clair, il n’est devenu qu’avec le temps.
    De nos jours, les LGBT ne sont plus punis par la loi comme entre les deux guerres, au contraire, ils peuvent manifester ouvertement et demander des droits. Les personnalités qui les accompagnent les soutiennent, pour des raisons qui peuvent être assez différentes, mais elles ne risquent rien, comme risquaient en Allemagne les artistes homosexuels. Au contraire !

  7. Je ne visent pas les homosexuels, je l’espère vous aurez compris. En font partie : PLATON, DE VIN, COCTEAU, GENET, la liste est très longue, de même que mon grand-oncle, ami de Cocteau. Par contre, je suis totalement opposée à la perversion des mots (Platon disait déjà : La perversion de la cité commence par les perversion des mots (papa 1 et papa 2 cela ne veut rien dire). Et la Loi (est élaborée sur la différence sexuelle (comme une colonne vertébrale, si vous ôtez son sens, le corps… social s’écroule). Lisez les livre-polar de Maxime Chattam, il décrit très bien comment faire revenir des Lois coercitives. Primo, vous foutez le bordel dans l’inconscient et les repères (psychose généralisée). Deuzio, les gens prennent peur, c’est le chaos (les attaques du djihad ne sont-elles pas une réponse à ce chaos : mécréant, normal, le rappel de l’homosexualité latente ou enfouie des musulman en prière les fesses en direction d’Allah… leur est insupportables, résultat, boum, boum). Tertio, retour des forces de l’ordre, de l’armée au quatre coin de rues, les journalistes Charlie ont intérêt à vivre dans un bunker… et le tour est joué. Pour info : je suis indirectement amie avec Raoul Van Eigem (fondateur… avec d’autres… de Charlie).

  8. Par contre que des homosexuels élèvent des enfants: cest non, trois fois non. D’ailleurs les dessins de Catherine y font allusion avec son humour habituel..D’ailleures, les femmes commencent à se plaindre, il y a plus d’hommes, tous homos ‘elles voulaient faire un enfant toute seule, oui, OK, mais se retrouvent toutes seules, surtout les féministe). quand on veut le beure et l’argent du beurre on le reçoit mais aigre et fondu,……

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