Selon Bergson : « L’œil ne voit que ce que l’esprit est prêt à comprendre ». Mais « l’esprit ne croit que ce qu’il peut comprendre sans effort » pourrait-on lui rétorquer (voir par exemple : les travaux de Daniel Kahneman et Amos Tversky sur les deux systèmes de la pensée cités dans l’article « Peut-on faire confiance à notre jugement ? La fiabilité des “expertsˮ en cause »). Ce qui pose en toile de fond le problème de notre cécité mentale, ou de notre déni de réalité face à des situations complexes et/ou indicibles qui ne peuvent être appréhendées que par un effort intellectuel soutenu et une approche nécessairement pluridisciplinaire. En l’absence d’une telle astreinte pour nous aider à saisir la complexité de la vie, nous marchons dans la pénombre même en plein jour, car l’« ignorance est mère de tous les maux » comme le disait si bien Rabelais. Elle est aussi « la nuit qui commence l’abime » (Victor Hugo). Or, si l’ignorance est de toutes les époques, sa fabrique est devenue une stratégie commerciale vouant un culte au veau d’or d’une croissance effrénée et d’une hyper-consommation de masse destructrice et irresponsable.

Cette ignorance se traduit par la perte de notre esprit critique, de nos capacités d’analyses et de nos facultés de discernement qui sont la cible privilégiée des manipulations que nous subissons tous de par l’impact des « machines à décerveler ». Le risque auquel nous expose ce lavage de cerveau – ou ce décervelage quotidien –, certains auteurs l’ont nommé meurtre de l’âme ou meurtre psychique. Une notion que nous gagnerons tous à connaître, à explorer et à approfondir. Un travail d’une impérieuse nécessité, tant sur un plan individuel que sociétal, car « les hommes libres dans une société libre doivent apprendre non seulement à reconnaître cette attaque furtive contre l’intégrité mentale et à la combattre, mais ils doivent aussi apprendre ce qu’il y a dans l’esprit de l’homme qui le rend vulnérable à cette attaque[1] ».

Les lecteurs de textes psychanalytiques ont déjà rencontré cette expression que Freud a exposée dans son étude de cas sur la paranoïa d’après le livre Mémoires d’un névropathe de Daniel-Paul Schreber qu’il n’a jamais rencontré. Ainsi, Jeanne Defontaine, qui reprend cette analyse freudienne avec les outils conceptuels développés depuis lors par la troisième topique psychanalytique[2] de P.-C. Racamier, écrit : « Freud reconnaît qu’il y a une omission dans le texte des Mémoires : “On aimerait apprendre davantage sur ce que signifie cet assassinat d’âmeˮ, dit-il, “mais ici, les sources de notre information viennent à tarir.ˮ Et de conclure : “Nous restons dans l’ignorance de ce que Schreber entend par assassinat d’âme[3] »

Depuis ce texte inaugural de Freud (1911), une prolifération de théories et de constructions spéculatives sur la structure du délire paranoïaque du Président Schreber ont germé sans que l’énigme centrale du meurtre de l’âme n’ait été résolue de façon satisfaisante (Devreese, 2003). Les longues recherches littéraires et psychanalytiques de Devreese, pour brillantes et érudites qu’elles soient, n’ont toujours pas réussi à lever le voile de ce mystère. Pour ce faire, il lui aurait fallu suivre plus en profondeur la piste du transgénérationnel qu’il n’a fait qu’effleurer en citant Léonard Shengold sur lequel nous reviendrons abondamment dans cet article, car cette voie l’aurait probablement conduit à la découverte d’une autre psychanalyse, une psychanalyse sans divan initiée par Racamier dont Jeanne Defontaine est l’une des représentantes (cet « évitement » d’école propre aux psychanalystes traditionnels ou orthodoxes sera amplement développé et commenté dans de prochains billets ; cf. note2 supra). Ainsi, poursuit-elle son analyse par un constat sans appel qui révèle le mystère du meurtre de l’âme : « L’assassinat d’âme est, de toute évidence, à mettre en rapport avec ce noyau de perversion narcissique qui s’exerce par le père à l’endroit de son fils et qui a pour fin l’attaque et la destruction de la vie psychique de Daniel-Paul afin de se libérer soi-même de ce qui pourrait être source de folie.[4] »

Effectivement, « se libérer soi-même de ce qui pourrait être source de folie » tout en injectant cette folie chez autrui est bien ce qui caractérise la perversion narcissique dont l’expulsion psychique est le procédé majeur (cf. « Plongée au cœur de la perversion narcissique : l’expulsion psychique »). C’est ce processus d’injection projective[5] qui agit tel un psychovirus et par lequel l’injecteur joue sa survie psychique aux dépens de la mort psychique du destinataire de l’injectat. Tel est le mécanisme du meurtre de l’âme que nous allons aborder dans cet article.

Nous venons de voir le lien existant entre l’assassinat d’âme et le noyau de perversion narcissique consistant en l’expulsion[6] chez autrui de la part de folie dont un sujet cherche à se protéger, mais pour nous aider à mieux comprendre ce phénomène, examinons comment Léonard Shengold définit le meurtre de l’âme.

Pour cet auteur : « Le meurtre de l’âme n’est ni un diagnostic ni une maladie, mais l’expression tragique qui décrit des évènements aboutissant à un crime : la tentative délibérée d’éradiquer ou de mettre à mal l’identité d’un individu. Les victimes d’un meurtre d’âme restent très largement possédées par un autre, leur âme devient l’esclave de l’autre[7]. » Illustrant largement son propos à l’aide du roman 1984 de George Orwell, Shengold poursuit : « Ainsi, à la fin de 1984, Winston Smith aime Big Brother, qui a investi son esprit. La torture et les privations dans un contexte de dépendance totale ouvrent la voie à une combinaison effroyable et terrifiante d’impuissance et de rage – autant d’émotions insupportables que la victime doit réprimer pour survivre. Le lavage de cerveau permet d’effacer le cortège d’émotions épouvantables qui, associées à ces évènements, constituent une expérience inracontable. Tandis que la victime se protège de toute forme d’émotion, bonne et mauvaise, ses émotions les plus profondes restent prisonnières de l’assassin de son âme (comme Big Brother domine l’univers émotionnel de Winston Smith). Assassiner une âme, c’est priver un individu d’éprouver joie et amour. Dans 1984, O’Brien dit à Winston Smith : “Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes[8].” »

Ainsi, pour Shengold : « Le meurtre de l’âme est l’expression dramatique qui [lui] permet de désigner une certaine catégorie d’expérience traumatique, consistant en une alternance, imposée délibérément par une autre personne, de périodes de stimulations extrêmes, répétitives et chroniques, et de périodes de privation émotionnelle. Cette expression, qui ne définit pas une entité clinique, s’applique plus à des circonstances pathogènes qu’à des effets spécifiques[9]. »

Précisons à cet effet que l’alternance « de période de stimulations extrêmes, répétitives et chroniques, et de période de privation émotionnelle », qui est similaire dans ces effets à la privation sensorielle, est une technique de torture psychologique enduisant des hallucinations comparables à des prises de drogues et aboutissent à une régression mentale et un chaos existentiel insupportable. D’où les troubles de l’identité (TDI) en raison des dissociations structurelles de la personnalité que de tels traitements induisent (Janet 1898 ; Van den Hart & al. 2006, 2010 ; auteurs et théories présentés dans l’article : « Perversion narcissique et traumatismes psychiques »).

Shengold rajoute que « l’abus sexuel, la privation d’affection, la torture psychique et physique peuvent aboutir au meurtre d’âme ; le lavage de cerveau permet à l’esclavage émotionnel de perdurer. La dépendance physique et émotionnelle presque totale des enfants envers les adultes les désigne comme des victimes faciles. Incapable d’échapper au tyran-bourreau, l’enfant se soumet et s’identifie à celui qui abuse de lui […]. Un meurtre de l’âme est le plus souvent perpétré par des parents psychotiques ou psychopathes qui traitent leur enfant comme une extension d’eux-mêmes ou comme l’objet d’assouvissement de leurs désirs[10]. » Mais pour Shreber qui emploie ce terme, « le meurtre de l’âme entraîne une perte d’identité de la victime, y compris son identité sexuelle », il « parle autant du viol que du meurtre des âmes[11] ».

Du constat que pose ici Shengold, il nous est facile de comprendre que le lavage de cerveau (le décervelage) est une condition préalable et nécessaire à toute tentative d’emprise. Condition préalable inhérente au meurtre de l’âme. C’est si vrai que pour venir en aide à une personne sous emprise, il faut lui donner les moyens d’intellectualiser la situation inacceptable qu’elle vit. Ce qui n’a rien à voir avec une analyse des problématiques qu’elle a pu vivre dans son enfance.

Poursuivant sa démonstration Shengold précise : « Orwell décrit dans 1984 comment on utilise le lavage de cerveau pour imposer l’idée délirante que Big Brother est bon. La “double-pensée” d’Orwell fonctionne comme un système de clivages psychiques verticaux destinés à faire croire que deux et deux font cinq :

Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux… Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même… Persuader consciemment l’inconscient, puis ensuite devenir inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer.
En parvenant à la “double-pensée” (imposée par le besoin d’être secouru pendant la torture psychologique), Winston Smith continue à s’identifier à son bourreau et à “aimer Big Brother”. Un adulte peut aisément devenir Big Brother : éteindre la joie de vivre chez l’enfant, “assassiner son âme”, n’offre guère de difficulté[12]. »

Faire croire que deux et deux font cinq est un effort pour rendre l’autre fou qui nécessite d’infliger des tortures psychiques (et parfois physiques) particulières qui aboutissent, in fine, au pervertissement de la raison et à la double-pensée qu’Orwell décrit si bien dans 1984 (sur les procédés rhétoriques utilisés pour pervertir la raison cf. « L’arme fatale du pervers narcissique : la communication harcelante »).

Cette double-pensée est le prototype de la pensée perverse telle que définie par P.-C. Racamier. Elle « désigne le type de pensée qui prévaut dans la perversion narcissique, présidant à la mise en œuvre des conduites perverses, et subsistant à leur inhibition lorsque celle-ci s’exerce en vertu d’un empêchement extérieur. Exactement à l’inverse de la pensée créative et de la pensée psychanalytique, la pensée perverse est tout entière tournée vers la manipulation d’autrui, l’emprise narcissique et la prédation. Experte en manœuvre, apparemment socialisée, capable d’essaimer et prompte à la persécution, la pensée perverse n’a aucun souci de vérité (seul le résultat compte), débarrassée de fantasmes et d’affects, foncièrement disqualifiante, elle ne vise qu’à rompre les liens entre les personnes et les pensées. Toute tournée vers l’agir, le faire-agir, et le “décervelage”, spécialiste en attaque de l’intelligence c’est une pensée formidablement pauvre[13]. »

Ainsi, tant Shengold que Racamier nous indique l’origine traumatique de cette « perversification » de la pensée qui parvient à se cliver ou à se dissocier en plusieurs parties qui, phénomène difficile à comprendre, s’ignorent l’une l’autre[14], car effectivement « le meurtre de l’âme entraîne une fragmentation de l’identité de la victime en des morceaux contradictoires au fonctionnement indépendant, sans synthèse efficace. En termes psychanalytiques, les images mentales que la victime a de son soi et de ses parents sont clivées verticalement, de manière irréconciliable[15]. » (Et en termes janetiens ces images mentales sont structurellement dissociées pour des conséquences similaires : fragmentation de l’identité, échec de la synthèse, présentification, etc., cf. article sur les traumatismes psychiques cité supra)

En s’inspirant largement du roman 1984 pour illustrer le concept de meurtre de l’âme, Shengold nous renseigne très clairement sur l’objectif visé par ce genre de procédés : il s’agit, comme le « prophétisait » également Aldous Huxley, de nous faire aimer notre servitude selon le principe d’identification à l’agresseur[16] propre à S. Ferenczi. La psychotraumatologie et les connaissances scientifiques qu’elles nous apportent au niveau du fonctionnement biologique et neurologique de l’humain en situation de stress nous confirment ces informations au travers des concepts psychiatriques de TDI (Trouble dissociatif de l’identité du DSM) et de TPM (Trouble de la personnalité multiple de la CIM-10). Sauf à contredire ou à remettre en cause ces découvertes actuelles qui font aujourd’hui autorité dans le domaine médical, et à moins de faire preuve d’un sectarisme idéologique comme seuls les doctrinaires de tous poils savent s’y employer, il y a donc tout lieu de se conformer à ces enseignements, y compris même pour les partisans d’une discipline qui vise à développer un modèle métapsychologique de ces phénomènes psychiques comme l’ambitionne la psychanalyse.

Il résulte de tout ceci que « distinguer entre fantasme et réalité est un enjeu difficile, mais fondamental, et une question brûlante pour quiconque connaît le joug d’un terrible traumatisme[17]. » Or, pour Freud, « l’impossibilité de distinguer entre fantasme et réalité » est précisément l’une des raisons qui l’ont poussé à renoncer à sa théorie de la séduction pour lui substituer celle des pulsions et du complexe d’Œdipe. Au grand dam de toutes les victimes d’un meurtre de l’âme. C’est pourquoi la psychanalyse traditionnelle est passée à côté de l’une des plus importantes découvertes concernant le fonctionnement psychique de l’humain et, qu’à son corps défendant, elle se rend complice des manipulations en tout genre perpétrées à l’encontre des individus ou des populations, car « […] ce qui est par-dessus tout destructeur de l’âme, c’est l’opération de lavage de cerveau destinée à empêcher l’enfant [ou quiconque] d’enregistrer ce qui est arrivé[18]. » Ce qui est une caractéristique commune des abus émotionnels dont nos médias de masse, mais il n’y a pas qu’eux, font un usage excessif.

Comme l’écrivait déjà de son temps Joost Meerlo cité supra, il revient à chacun d’entre nous la responsabilité d’apprendre à reconnaître ce genre d’attaques contre l’intelligence et ce qu’il y a dans l’esprit de l’homme qui le rend vulnérable à ces attaques. Il y va de nos vertus critiques et de notre humanisme seuls garants de nos libertés (cf. Edgar Morin, Science avec conscience). Ce qui n’est pas le moindre des enjeux de nos « démocraties » pour lesquelles le lavage de cerveau et le décervelage sont les garants de la modernité sociale basée sur le mythe de la croissance et de l’hyperconsommation. C’est dire l’ampleur et la complexité du problème. En outre, il faut également garder présent à l’esprit que nombreux sont ceux qui « aspirent à sortir des responsabilités que la démocratie et la maturité républicaines [leur] imposent ». Ceux-là, pour la plupart victime d’un meurtre de l’âme, se battent becs et ongles pour «  faire taire et priver de parole ceux qui savent et pourraient dire ce qu’ils ont compris des dérives perverses, des mécanismes séducteurs et du fonctionnement désubjectivant des entreprises et de l’état ». C’est ainsi que les narcisses pervers de société[19], véritable vampire de l’âme humaine, recrutent leurs complices parmi ceux qui succombent à l’identification à l’agresseur (cf. syndrome de Stockholm).

Philippe Vergnes

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[1] Meerloo, Joost A. M. (1956), The Rape of the Mind: The Psychology of Thought Control, Menticide, and Brainwashing (Le viol de l’esprit : la psychologie du contrôle de la pensée, du menticide et du lavage de cerveau), San Diego : Progressiv press, 320 p (réédition de 2009).
La citation complète est celle-ci : « Les hommes libres dans une société libre doivent apprendre non seulement à reconnaître cette attaque furtive contre l’intégrité mentale et à la combattre, mais doivent aussi apprendre ce qu’il y a dans l’esprit de l’homme qui le rend vulnérable à cette attaque, ce qui fait que, dans de nombreux cas, il aspire à sortir des responsabilités que la démocratie et la maturité républicaines lui imposent. »

[2] La référence « psychanalytique » pourrait être source de confusion pour certains, mais d’une part le lecteur doit savoir que la psychanalyse a connu de nombreuses scissions et donc diverses orientations, d’autres part, la psychanalyse groupale et familiale de Racamier englobe, dépasse et corrige les apories des conceptions freudiennes, ce que les psychanalystes orthodoxes ou traditionnels ont beaucoup de mal à accepter.

[3] Defontaine, Jeanne (2007), L’empreinte familiale : Transfert, Transmission, Transagir, Paris : L’Harmattan, 296 p, (p. 151).

[4] Ibid. (p. 151)

[5] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Paris : Apsygée, 124 p. (p. 47).
« INJECTION PROJECTIVE. – Désigne l’identification projective en toute sa puissance d’injection dans l’objet ou dans autrui. Le produit de ce processus, à la fois fantasmatique et interactif, pourrait être appelé un injectat. »

[6] Ibid. (p. 40).
« EXPULSION : DE DEUIL ET DE DÉPRESSION. – Désigne une façon d’exporter hors de soi les processus de deuil qui sont répudiés par la moi et les menaces de dépression consécutive dont le moi se débarrasse en en faisant porter le poids par un proche ou par l’entourage. C’est le processus même du deuil qui est expulsé et non pas proprement (ou non pas seulement) l’affect de tristesse ; de plus ce processus est expulsé par voie de dilemme après avoir été défiguré et ainsi rendu infaisable, et par conséquent persécutif. »

[7] Shengold, Léonard (1998), Meutre d’âme. Le destin des enfants maltraités, Paris : Calmann-Levy, 406 p. (pp. 10).

[8] Ibid. (pp. 10-11).

[9] Ibid. (p. 26).

[10] Ibid. (p. 11).

[11] Ibid. (p. 30).

[12] Ibid. (p. 37).

[13] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Paris : Apsygée, 124 p. (p. 58).

[14] Pour autant, cette singularité de la psyché humaine avait été formidablement bien décrite par Sandor Ferenczi à propos de son approche du traumatisme dont on sait le traitement scandaleux que Freud et certains psychanalystes traditionnels et orthodoxes lui ont réservé par la suite.

[15] Shengold, Léonard (1998), op. cit.  (p. 92).

[16] Le persiflage effectué par certains auteurs de ce concept phare de S. Ferenczi pour lui substituer celui d’A. Freud est à lui seul évocateur du déni de réalité d’une large majorité de psychanalystes orthodoxes ou traditionnels. Déni dont il est important de prendre conscience pour comprendre le rôle qu’a joué la psychanalyse freudienne dans certaines idéologies perverses qui sont aujourd’hui diffusées dans l’espace public et en conditionnent les croyances propagées par des prédicateurs pédophiles ou complices (cf. les travaux d’Ariane Bilheran sur L’imposture des droits sexuels et l’idéologie d’une « éducation sexuelle dès le plus jeune âge » prônée sous l’égide des organisations internationales telles que l’OMS, l’ONU, l’UE, etc.).

[17] Shengold, Léonard (1998), op. cit. (p. 33).

[18] Ibid. (p. 116).

[19] Sirota, André (2003), Figures de la perversion sociale, Paris : EDK, 238 p.

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