Psychanalyse et agressions sexuelles : histoire d’un déni de réalité

« Tout ce qui ne parvient pas à la conscience revient sous forme de destin » (Carl G. Jung)

« Ce qui est forclos du symbolique surgit dans le réel. » (Jacques Lacan)

« Ce qui est demeuré incompris fait retour ; telle une âme en peine il n’a pas de repos jusqu’à ce que soit trouvées solution et délivrance[1]. » (Sigmund Freud)

« Quand on ne connaît pas son histoire, elle se répète. » (Élis Wiesel)

« …, etc. » (Alfred Korzybski)

Les récentes affaires d’abus sexuels dont la presse s’emparent régulièrement : DSK, H. Weinstein, T. Ramadan, W. Hallen, etc. sont-elles le signe d’un changement de paradigme ? Qu’ont-elles à nous dire de notre société, de ses idéologies, des violences qui y règnent, de son évolution, etc. ?

Les choses n’étant jamais aussi simples que ce que l’on voudrait qu’elles soient, j’ai choisi de l’aborder sous l’angle de la psychanalyse, de son histoire, de ce qu’elle ne nous a pas dit sur la réalité des agressions sexuelles perpétrées à l’encontre des femmes et surtout des enfants, quel que soit leur sexe. Un sujet difficile, empreint de passionaria qui ne manquera pas de susciter l’ire de certains doctrinaires et ce en dépits de la véracité des faits que l’on ne peut éluder… mais que quelques « fétichistes » choisissent de nier. Je ne vais pas confronter le lecteur aux chiffres des rares enquêtes de victimation dont nous disposons en criminologie, je rappellerais simplement quelques données qui ne témoignent que de l’extrême pointe immergée de l’iceberg : chaque année en France, un peu plus d’une vingtaine d’hommes et de 120 à 140 femmes meurent sous les coups de leurs conjoints. Ça… c’est ce que l’on entend régulièrement dans les médias. Mais savez-vous combien d’enfants meurent chaque année des suites de maltraitances, essentiellement parentales ? Une petite idée ?

Environ 800 !

« Environ » parce que si nous connaissons très précisément le nombre de victimes adultes – femmes ou hommes –, nous ignorons totalement celui des enfants et le nombre de 800 est une extrapolation faite à partir des travaux d’Anne Tursz dans le cadre d’une recherche INSERM[2].

Ceci dit, concentrons-nous sur notre sujet et rappelons-en le contexte tel que décrit par Jeffrey M. Masson : « Un désaccord théorique oppose donc d’une part les tenants d’Ambroise Tardieu, qui allègue que les traumatismes sexuels ne sont que trop réels, et d’autre part le groupe d’Alfred Fournier, qui argue de leur nature imaginaire. Cette dissension n’a pas eu de conséquence majeure tant que l’on croyait que ces expériences n’entraînaient pas de complications psychologiques. Lorsque Freud s’est joint au débat, il s’est clairement positionné du côté de Tardieu. Cependant, avec le temps, Freud a rejoint les rangs de Fournier, avec cette différence notable que Freud pensait que les fantasmes peuvent en soi avoir un effet psychologique pathogène. Ces questions sont les éléments d’un débat informulé et pourtant fondamental. Les contributions de Freud y ajoutent une dimension critique (l’importance des fantasmes) qui contribue à obscurcir cette question décisive : la maladie est-elle due aux agressions sexuelles ou bien aux fantasmes ? Pour le formuler autrement, est-ce que les fantasmes sexuels pathogènes sont toujours fondés sur des évènements réels ? Freud a finalement choisi de répondre par la négative à ces deux questions, et nous ne parvenons pas à expliquer ce revirement en termes scientifiques. Du point de vue historique, le matériel que j’ai identifié à Paris a créé le décor d’une tragédie qui allait se dérouler à Vienne et éclairer le cheminement de Freud à ce sujet[3]. »

C’est cette explication qui manquait à Jeffrey M. Masson et que nous offrent les découvertes de Paul-Claude Racamier qui va vous être ici exposée.

Grossièrement, nous pouvons dire que tout comme il existe des « pervers de divan et des pervers de prison[4] », il existe une psychanalyse avec divan et une psychanalyse sans divan. Celle que nous « connaissons » tous, celle de Freud : la première, qui a donné de nombreuses ramifications, s’occupe de nos fantasmes ou de nos rêves et les interprète dans la plus pure dévotion au « maître » de la discipline selon des schémas qu’il a lui-même élaborée. C’est d’elle dont il est fait allusion lorsque ses « détracteurs » parlent de secte, d’église, de religion, etc. On la dit « orthodoxe » ou « traditionnelle » et la « sale » réputation qu’elle a acquise au fil du temps entache très fortement la seconde qui, elle, s’emploie à désembourber la première de la fange dans laquelle elle s’est empêtrée.

Confrontée à un double défi, sortir les psychanalystes orthodoxes ou traditionnels des dénis que leur « maître » leur a inculqués au travers de ses constructions théoriques d’une part, et parvenir à se faire entendre malgré l’impopularité grandissante qu’inspire désormais le seul mot « psychanalyse » d’autre part, la psychanalyse sans divan revivifie les sciences humaines en naviguant de Charybde en Scylla tout en gardant le cap sur des bases saines. Il n’est en effet pas aisé de se situer hors du clivage manichéen auquel nous renvoie chacune de ces positions respectives : d’un côté, les « idolâtres » d’une psychanalyse orthodoxe perçus comme sectaires et de l’autre leurs farouches opposants tout aussi intolérants. Il existe pourtant une troisième voie qui est celle de l’intégration. Si l’idée fait son chemin dans le monde des Sciences humaines… la France, où règne un dogmatisme disciplinaire d’une rare ténacité, et ce quel qu’en soit le domaine, reste une exception en accusant un incroyable retard (sujet abordé dans l’article « Se comprendre ou s’entretuer : question de logique ? » et ses suites à venir). Selon les principes de l’intégration, il ne s’agit donc pas de renier ce qui a déjà été fait ou de jeter le bébé et l’eau du bain avec, mais de rechercher des points de convergence et de complémentarité entre différents mouvements, de discriminer ce qui peut être conservé, ce qui doit être rejeté ou ce qui devrait être amélioré dans l’objectif de perfectionner l’existant. Cela signifie qu’au lieu d’opposer les conceptions les unes aux autres ou les divers modèles entre eux, on cherche à en dégager de nouveaux en s’appuyant sur les forces de chacun tout en abandonnant ce qui ne fonctionne pas.

C’est ainsi que la psychanalyse sans divan peut utiliser des principes issus des quatre grands courants des Sciences humaines tels que les TCC, la systémique, l’humanisme et, bien entendu, la psychanalyse orthodoxe qui reste malgré tout son principal port d’attache. Ce qui, nous pouvons le concevoir aisément, n’est guère du goût de cette dernière plutôt conservatrice. Cependant, être constant dans l’erreur et témoigner d’une absence totale de remise en question n’est pas gage de probité intellectuelle. Cela discrédite nécessairement l’ensemble de la discipline dont tous les courants sont amalgamés dans l’esprit du grand public. La question qui se pose donc pour notre propos est de savoir ce qui ne fonctionnait pas dans la psychanalyse traditionnelle que la psychanalyse sans divan a nécessairement dû abandonner.

La réponse nous est fournie par P.-C. Racamier qui selon Daniel Zagury, « l’expert des génies du mal », est l’un des deux plus grands psychiatres psychanalystes, avec Claude Balier, de la seconde moitié du XXe siècle ayant plus particulièrement fait avancer nos connaissances et notre compréhension de la perversité. Dans son essai sur la schizophrénie (1980), Racamier relate cette période de la naissance d’une psychanalyse sans divan, une psychanalyse groupale et familiale :

« Avec l’œdipe c’est un autre problème qui se posait. Le lecteur doit savoir qu’à cette époque, il y a une trentaine d’années [c’est-à-dire dans les années 1950-1960], l’œdipe était en psychanalyse la seule référence reconnue et même admise, tant en théorie qu’au regard de la technique des cures. Or, on avait beau essayer de naviguer d’après ce phare, il éclairait ailleurs. On avait beau s’échiner, penser à du pré-œdipe, à de l’œdipe transposé, dépassé, ou de couverture – et j’avais procédé au relevé de ces diverses hypothèses –, il n’en était aucune qui fût absurde, mais aucune qui convint tout à fait. Il fallait chercher ailleurs, et quitter les sentiers battus. Si pour ma part je m’en suis écarté, ce ne fut pas par hasard, non plus que par provocation : ce fut par nécessité clinique, et par aventure[5]. »

En effet, cette nécessité clinique émanait d’un constat simple et pourtant sans appel qui effraie encore les moins téméraires des praticiens, celui d’un « continent noir de la psychanalyse [qui n’était] plus habité par les femmes, les psychotiques [avaient] pris leur place[6]. »

On comprend dès lors le désarroi toujours présent chez les psychanalystes traditionnels qui ne rencontre guère de psychotiques sur leur divan, car il n’y a pas d’œdipe chez un psychotique, du moins, pas sous les formes connues que Freud leur a léguées. « Il fallait [donc] errer. Il fallait chercher. Il fallait creuser : on a creusé. Plusieurs praticiens, comme Luc Kaufmann, Harold Searles et moi-même, s’étaient cependant rejoints autour de l’idée qu’il y eût certes chez les psychotiques de l’inceste dans l’air, mais point d’œdipe[7]. » Bref, je vous fais grâce des détails de cette exploration clinique, mais c’est l’époque du développement des théories narcissiques identitaires.

Toute la différence entre la psychanalyse orthodoxe ou traditionnelle et la psychanalyse sans divan réside dans ce qu’il convient de qualifier de véritable déni de réalité, car la première juge les faits d’après la théorie freudienne et oublie de reconsidérer la théorie à la lumière des faits, alors que la seconde a bâti sa théorie en partant des faits observés à la suite d’une remise en question nécessaire et salutaire de l’incompatibilité de certaines théories freudiennes avec la psychose. Or, bâtir une autorité en choisissant ou construisant une théorie qui s’accorde avec ses préjugés et ses préférences affectives, juger les faits d’après elle et choisir arbitrairement les éléments significatifs qui lui paraissent susceptibles de l’étayer est le chemin qu’empruntent les doctrinaires de tout poil. Et c’est bien ce choix-là qu’a du faire Freud, à son corps défendant, à l’inverse des positions prises par Racamier.

C’est ici que les choses commencent à devenir vraiment intéressantes pour notre exposé, car un esprit curieux et aventureux ne manquera pas de s’interroger sur les raisons qui ont poussé Freud à opérer un tel choix qui allait à l’encontre de sa vocation initiale. Pour répondre à toutes les interrogations légitimes qu’un tel choix ne manque pas de soulever, nous devons nous replonger dans la genèse de la psychanalyse. Tous ses historiens s’entendent sur le fait que son acte de naissance a été établi par la fameuse lettre de Freud à Fliess du 21 septembre 1897 qui a fait couler énormément d’encre et où Freud renonça à sa neurotica, sa théorie de la séduction, mais pourquoi un tel revirement ?

Cette question, quand elle n’est pas taboue, a fait l’objet de nombreux mythes. Plusieurs indices cependant sont contenus dans cette lettre où Freud confia ses mésaventures à son ami Fliess. L’entame de courrier est très claire : « Me voilà de retour, depuis hier matin, dispos, de bonne humeur, appauvri, sans travail pour le moment, et dès notre réinstallation terminée, c’est à toi que j’écris en premier. » S’ensuit la description des quatre motifs de l’abandon de sa neurotica :
1/ « la fuite des gens dont les cas semblait le mieux se prêter à ce traitement (la psychanalyse)» ;
2/ « la surprise de constater que, dans chacun des cas, il fallait accuser le père, et ceci sans exclure le mien, de perversion » ;
3/« la conviction qu’il n’existe dans l’inconscient aucun indice de réalité de telle sorte qu’il est impossible de distinguer l’une de l’autre la vérité et la fiction investie d’affect » ;
4/ « dans les psychoses les plus avancées, le souvenir inconscient ne jaillit pas ».

Claire est aussi la conclusion lapidaire de Freud où il dévoile ses intentions : « Une célébrité éternelle, la fortune assurée, l’indépendance totale, les voyages, la certitude d’éviter aux enfants tous les graves soucis qui ont accablé ma jeunesse, voilà quel était mon bel espoir. Tout dépendait de la réussite ou de l’échec de l’hystérie [sa neurotica]. Me voilà obligé de me tenir tranquille, de rester dans la médiocrité, de faire des économies, d’être harcelé par les soucis […] »

Ainsi, à l’âge de 41 ans, Freud, marié depuis une dizaine d’années et déjà père de ses six enfants se voit donc contraint de repartir à zéro, de se « tenir tranquille », « de rester dans la médiocrité », « de faire des économies », « d’être harcelé par les soucis » lui qui escomptait devenir riche avec sa neurotica, etc. Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer dans sa vie pour en arriver là ?

Ce n’est absolument pas sorcier à comprendre et un bref retour en arrière nous permettra d’y voir plus clair. Un an et demi plus tôt, le 21 avril 1896, Freud expose à ses confrères ses recherches sur L’étiologie de l’hystérie. Il s’agit du texte de la conférence qu’il tint à la Société de Psychiatrie et de Neurologie de Vienne, une séance que présidait le célèbre psychiatre Krafft-Ebing, mais son intervention n’eut pas l’effet escompté. Dans une lettre à W. Fliess datée du 26 avril 1896, Freud écrit : « La conférence sur l’étiologie de l’hystérie à la Société Psychiatrique a reçu un accueil glacial de la part de ces ânes, et, de la part de Kraft-Ebing, cet étrange commentaire : “Cela a l’air d’une fable scientifique”. Et cela après que je leur ai indiqué la solution d’un problème plurimillénaire, la caput Nili ! […] Ils peuvent tous aller se faire voir ailleurs[8]. »

Ces mots sont suffisamment forts pour se passer de commentaires, car on ne saurait mieux exprimer l’immense déception que Freud a pu ressentir à ce moment-là. Déception confirmée de surcroît par la lettre du 21 septembre 1897 citée supra où il annonce renoncer à sa neurotica.

Mais six mois après cette terrible désillusion, son père Jakob Freud meurt le 26 octobre 1896. Le soir des funérailles, Freud fait un rêve resté célèbre tant il concourt au mythe de la naissance de la psychanalyse : « Il faut que je te raconte un joli rêve que j’ai fait pendant la nuit qui a suivi l’enterrement. Je me trouvai dans une boutique où je lisais l’inscription suivante : ON EST PRIÉ DE FERMER LES YEUX » (Lettre à Fliess du 2 novembre 1896).

Le 6 décembre 1896, Freud écrit à Fliess : « La perversion est une autre conséquence d’un incident sexuel trop précoce. Il faut, semble-t-il, pour qu’elle apparaisse que la défense ne se produise pas avant l’achèvement de l’appareil psychique ou qu’elle fasse tout à fait défaut. » C’est la première fois que Freud parle des perversions d’après l’ouvrage cité. Ce qui laisse clairement entendre que malgré l’affront que lui a infligé Karft-Ebing et ses pairs, et un mois et demi après le décès de son père, Freud n’a pas encore « retourné sa veste ».

Le 11 février 1897, Freud se confie à son ami : « Malheureusement mon propre père était un de ces pervers, et est responsable de l’hystérie de mon frère […] et de certaines de mes sœurs cadettes. La fréquence de ce phénomène me donne souvent à réfléchir. »

Cette lettre fut expurgée de la première édition de l’ouvrage paru aux éditions PUF sous le titre La naissance de la psychanalyse, mais elle est bel et bien présente dans l’édition complète des lettres de Freud à Fliess paru en 2006, toujours, aux éditions PUF, et intitulé Lettre à Wilhelm Fliess 1887-1904. Un autre Freud ? (Pour vous donner une idée du « caviardage » qui entoure la parution de ces lettres, la première édition de La naissance de la psychanalyse compte 432 pages, la seconde citée ci-dessus : 768 pages.)

S’ensuit alors l’auto-analyse de Freud durant l’été de cette même année et la fameuse lettre du 11 septembre 1897 où il renonça à sa neurotica et changea de théorie. Un mois plus tard, dans une lettre écrite le 15 octobre de 1897, Freud expose sa conception des relations œdipiennes comme constituants du psychisme humain.

L’affaire est « emballée » en moins de temps encore qu’il n’en faudrait pour le dire ou en tout cas, qu’il n’a fallu pour l’écrire si l’on tient compte du temps que tous les commentateurs de cette période y ont consacré. Mais ce qui est peu précisé, c’est qu’elle correspond à un choix cornélien pour Freud entre deux deuils antagonistes et très certainement paradoxaux : l’un consistant à dénier sa découverte sur la genèse des perversions, l’autre celui d’un père pervers. Ce dilemme était insoluble à l’époque de Freud et c’est bien pour cette raison que, contrairement à tous ses détracteurs, je ne lui jette pas de pierre.

Ce court résumé que l’on retrouve sous la plume de divers auteurs s’étant penché sur l’histoire de Freud recontextualise quelque peu la naissance de la psychanalyse sans pour autant faire état de tous les caviardages et autres manigances auxquels se sont livrés ses successeurs pour dissimuler la plupart des paragraphes compromettants de toute cette correspondance et construire le mythe. Il n’y a strictement aucune interprétation alambiquée à faire de ces échanges épistolaires entre deux hommes qui se livrent à des confidences personnelles sur leur vie et leur travail. Il suffit juste de les lire en les recontextualiser dans leur lieu et leur époque d’origine qui étaient ceux d’une bourgeoisie viennoise dans une société victorienne dominée par un puritanisme mondain de circonstance.

Nul besoin d’explication pour réaliser que Freud s’est volontairement aveuglé sur la réalité des agressions sexuelles commises sur les enfants et leurs conséquences psychiques. Alice Miller nous en a apporté les preuves et à sa suite de nombreux psychiatres psychotraumatologues spécialisés dans les EPST (état de stress post-traumatique). Tous peuvent attester, sur des bases scientifiques solides, des terribles répercussions et de la négation de ce genre de violences telles que Freud les avait envisagées de son temps avant qu’il n’abandonne cette idée. Mais comble de malheur, ce déni continu toujours au sein des psychanalystes orthodoxes alors que les psychanalystes sans divan, à la suite des travaux de Racamier sur la psychose et les perversions, ont depuis longtemps « pigé » le problème et tentent quelque peu de réveiller leurs confrères plus traditionalistes. Tel est notamment le but poursuivi par Maurice Hurni et Giovanna Stoll qui, dans leur livre Le mystère Freud : psychanalyse et violence familiale[9], ont mené une enquête très poussée et ont réexaminé le matériel freudien à la lumière des découvertes de Racamier. Et le moins que l’on puisse dire est que le résultat est « détonnant ». Quand bien même les auteurs peuvent prendre toutes les précautions d’usage nécessaire, leur conclusion rejoint le constat sans appel de Racamier cité supra : comme leurs confrères exerçant en institution et utilisant les techniques psychanalytiques avec les psychotiques, dont on sait aujourd’hui à quel point ils se sont fourvoyés, les psychanalystes traditionnels exercent dans un profond déni de la réalité des violences familiales. (Nous reviendrons sur ce déni de réalité dans un prochain article.)

C’est un fait que l’on ne peut plus ignorer tant et si bien qu’il ne m’apparait pas utile d’argumenter plus avant en ce sens. Les propos que Freud lui-même a tenus à Fliess sont suffisamment explicites pour en tirer les conclusions qui s’imposent. Nul besoin d’être un psychanalyste de génie pour comprendre que Freud, appauvri, sans travail, obligé de se tenir tranquille, condamné à la médiocrité et humilié par ses pairs a fini par renoncer à ce qui lui tenait le plus à cœur : sa neurotica, sa caput Nili (source du Nil) comme il l’a nomma et dont il s’était imaginé qu’elle lui apporterait fortune et célébrité. Comment d’ailleurs aurait-il pu en être autrement dans les circonstances qui étaient les siennes ?

Si Freud n’avait pas renoncé à sa neurotica, jamais nous n’aurions entendu parler de la psychanalyse. Pour autant, son renoncement n’a pas été total et il a laissé le soin à ses successeurs de pouvoir éclairer cette part de « mystère » en disséminant de nombreux indices tout au long de son œuvre. Indices qui prennent en compte l’influence de l’environnement sur la formation du psychisme et des fantasmes. Ironie de l’histoire, c’est grâce à ce retournement que Freud a acquis la notoriété qu’il attendait de sa neurotica et que le mouvement psychanalytique a pu se développer. Or, la psychanalyse est indispensable en Sciences humaines, non pas comme les psychanalystes traditionnels la souhaiteraient, c’est-à-dire à une place hégémonique qui lui reviendrait de droit, mais comme discipline au côté d’autres avec qui elle peut construire une relation de complémentarité comme a su l’entreprendre la psychanalyse sans divan avec sa troisième topique qui « désigne l’organisation du réel en trois registres ; interne, externe et intermédiaire[10] ».

Il n’y a pas opposition entre cette dernière et les topiques freudiennes, il y a englobement, dépassement et correction par intégration des registres externes et intermédiaires, c’est-à-dire du monde externe et des relations, des liens, qui s’y tissent. Cette troisième topique psychanalytique soumet les deux topiques freudiennes au principe de réalité et en corrige les apories. Ce changement comporte à la fois un gain et une perte : le gain, c’est la prise en compte de l’importance du monde externe dans la formation de la vie psychique, du fantasme et des symptômes des troubles mentaux ; la perte pour la psychanalyse traditionnelle, c’est le retour à la réalité traumatique et aux liens qu’elle noue avec la formation de la vie fantasmatique réduisant de fait l’importance du fantasme d’origine intrapsychique. Il n’y a pas antagonisme entre ces deux dimensions – trois si l’on tient compte de tous les registres de la troisième topique psychanalytique –, mais articulation et complémentarité. Or, cette interdépendance ne peut être perçue si l’on n’en reste qu’au seul registre intrapsychique, comme le font les psychanalystes orthodoxes ; ou bien si l’on ne considère que le seul registre intermédiaire, comme le font les systémiciens (école de Palo Alto) ou les analystes transactionnels (AT d’Éric Berne) dont les disciplines sont à la mode (mais dépassées en connaissance) ; ou encore si l’on ne jure que par le registre externe comme le font les TCC (thérapie cognitive et comportementale). D’où la nécessité du développement des recherches « intégratives » en Science humaine, car une théorie scientifique nouvelle vise souvent à tenir compte de caractéristiques que les précédentes avaient laissées de côté et dont l’importance est apparue depuis lors. Telle est la psychanalyse sans divan, psychanalyse de groupe et des familles qui a découvert les perversions narcissiques.

Dans le cadre de cet article, la théorie scientifique de Racamier – scientifique parce qu’elle part de l’observation des faits dans leur contexte groupal et familial et non l’inverse comme le fait la psychanalyse orthodoxe –, corrige et reprend ce que Freud a dû laisser de côté pour les raisons évoquées ci-dessus.

En guise de conclusion, interrogeons-nous sur la médiatisation des affaires citées en introduction de cet article. Que nous disent-elles de notre société ?

Personnellement, j’y vois une resucée du tabou plusieurs fois millénaire des abus sexuels, des violences sexuelles, de la maltraitance infantile et éducationnelle tel qu’a su le dénoncer Freud avant l’invention de la psychanalyse ainsi que Sandor Ferenczi, Alice Miller, Jeffrey M. Masson, Leonard Schengold, et de nombreux psychotraumatologues à la suite de Gérard Lopez que je ne peux tous citer et qui, à la lumière des connaissances acquises en Sciences humaines, font une nouvelle fois le forcing pour que cette réalité émerge à notre conscience, véritable scandale humanitaire de nos sociétés qui se prétendent « modernes ». Ainsi, ce que Freud n’a pu réaliser avec sa neurotica, le sera-t-il en empruntant d’autres voies ? Il me semble important de souligner que, du point de vue freudien, tous ceux qui se revendiquent de son enseignement devraient méditer sur la question, car au fond, telle aurait été sa volonté si l’on en croit les nombreux indices qu’il a pris soin de disséminer dans toute son œuvre. La société tout entière ne s’en porterait que mieux compte tenu des conséquences délétères sur les individus et le social de ces meurtres de l’âme (et de l’identification à l’agresseur qu’ils suscitent).

Philippe Vergnes

N.B. :
Les lecteurs intéressés par le sujet trouveront un intérêt certain à consulter deux des livres très détaillés sélectionnés parmi la multitude d’ouvrages parus sur ce thème. Écrits par des psychanalystes qui n’ont pas hésité à prendre des risques et à s’exposer en remettant en question certains dogmes psychanalytiques dans l’intérêt des victimes d’agressions et de maltraitances, la psychanalyse ne peut que sortir grandie d’une telle autocritique. Il s’agit du livre de M. Hurni et G. Stoll, Le mystère Freud : psychanalyse et violence familiale, déjà présenté dans l’article « Le mystère Freud : Freud Vs Racamier ou l’énigme de la perversion narcissique », et celui de Jeffrey M. Masson, Enquête aux archives de Freud, des abus réels aux pseudo-fantasmes.


[1] Freud, Sigmund (1909), « Le petit Hanz », in Cinq leçon sur la psychanalyse, Paris : Payot, édition de 2001, 208 p.

[2] Tursz, Anne (2010), Les oubliés. Enfants maltraités en France et par la France, Paris : Seuil, 432 p.

[3] Masson, Jeffrey M. (2012), Enquête aux archives Freud, des abus réels aux pseudo-fantasmes, Breuillet : Editions l’Instant Présent, 386 p. (pp. 97-98).

[4] Zagury, Daniel (2013), « Perversion-perversité : une recomposition à partir de la clinique médico-légale », in Roland Coutanceau & Joanna Smith (sous la direction de), Troubles de la personnalité – Ni psychotiques, ni névrotiques, ni pervers, ni normaux…, Paris : Dunod, 552 p., (p. 51).

[5] Racamier, Paul-Claude (1995), L’inceste et l’incestuel, Paris : Dunod, 192 p. (p. XV).

[6] Racamier, Paul-Claude (1980), Les schizophrènes, Paris : Payot, collection PBP, 240 p. (p. 46).

[7] Racamier, Paul-Claude (1995), op. cit. (p. XV)

[8] Masson, Jeffrey M. (2012), op. cit. (p. 54).

[9] Hurni, Maurice & Stoll, Giovanna (2014), Le mystère Freud, psychanalyse et violence familiale, Paris : L’Harmatan, 254 p.

[10] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Paris : Apsygée, 124 p.

3 commentaires

  1. Bonjour les personnes qui en parlent le mieux sont les victimes qui, enfant n ont pas été crues par leur entourage ( psy, médecin, juge)… Famille parfois… Ni crues, ni crues, ni protégées. Certaines ont été entendues mais les affaires ont été banalisées et minimisées. Et les auteurs jamais condamnés ou soignes.
    Elles restent bien souvent dans l’anonymat. Or ces agressions doivent être soignées. Aussi bien cote victime que cote auteur. Ca gangrène la société.
    Bravo d en parler.

  2. Julie situe bien la question: L’écoute et la valeur de la parole, qui sont refusées tant par les professionnels que par l’entourage familial.
    Ni crues, ni aidées, ni protégées, parce que enfant, nous serions sujets à des fantasmes, à la déformation de la mémoire, submergés par des pulsions précoces, qui expliqueraient ainsi notre prétendu mensonge. Adultes, parce que la mémoire ne saurait être fidèle.
    Ma génitrice me disait: « tout ce que tu dis est faux, tu inventes et tu crois à tes propres inventions », or c’est elle, la violeuse, et elle, la mère parfaite qu’on écoute, moi la menteuse. Devant les preuves, l’abondance de détails, les preuves face à mon père, que sur d’autres sujets ma mémoire peut remonter jusqu’à mes un ans de manière précise et filmique, autant pour moi, ce qu’on appelle une hypermnésie, j’ai pu obtenir de ma génitrice, pour finir, au bout de mois de monologues de ma part pour prouver les faits, par la mémoire, seul témoin vivant si l’on peut dire de ce qui s’est passé , une seule phrase écrite: « tout ce que tu dis est vrai, mais tu l’interprète mal »… pirouette qui n’est pas un aveu, mais qui reconnait que ma mémoire est bien ce que j’ai vécu, avec une perte soudaine de capacité à réagir, bien que je me sois débattue tant et tant au départ, un choc traumatique, une mémoire oubliée la première année, mais de nombreux cauchemars, angoisses, et s’agissant d’un parent proche, l’impossibilité d’attachement à mère insensible et sans affection, qui par la suite, durant les années et encore maintenant, me reprochera d’être stupide et perverse, à travers les nombreux troubles liés à cet inceste.
    L’inceste maternel, parce qu’une femme ne fait pas ça, n’est cru par personne, il n’y a pas de témoin (en l’occurrence la sœur de ma génitrice était présente pour me récupérer après la sieste qui a suivi le viol, mais celle-ci, qui semblait être horrifiée , est décédés depuis) Freud avait sans doute oublié que le viol c’est disposer d’autrui comme d’un jouet narcissique, et que dès lors, dans le secret des familles, tout est possible si la perversion fait partie de la personne incestueuse.
    Il y a une pulsion agressive, qui n’a pas besoin d’être sexuelle, elle se fixe sur le sexe, parce que cela représente pour l’adulte incestueux un trouble personnel, qui va impacter l’enfant, en aucun cas, cela ne fait partie e la sexualité ou d’un système normal de pulsions sexuelles.
    Une mère incestueuse, à mon sens, se venge de sa propre histoire, mais cela n’entre absolument pas dans le développement pulsionnel normal de l’humain, encore moins d’une femme, qui est une mère en puissance, apte à protéger la vie, non de l’agresser.
    Or on peut faire le parallèle avec la maltraitance maternelle ou paternelle ordinaire, les ‘petits viols’, les violences physiques contre son propre enfant, le chantage, y compris par la séduction (et non l’amour) et toutes les méthodes du pervers narcissique pour détruire autrui.

    Pour finir, ne serait-ce pas simplement la rencontre entre un enfant et un parent pervers narcissique, comme on la décrit chez les adultes victimes de sévices de leur part? L’enfant se défend, j’avais ma grand-mère paternelle comme nounou, heureusement, mère de cœur, mère identitaire, et qui me permettait d’être observatrice aussi de la perversion narcissique d’une personne qu’on veut aimer, mais qui ne nous le rend pas, et dont le comportement, même pour une petite fille de quatre ans, semble anormal.
    Durant mes études de psychologie, j’ai pu mesurer alors, l’écart fondamental entre ces aspects de la théorie freudienne, largement enseignée comme un dogme, qui a formaté les esprits fragiles durant des décennies dans les facs françaises, et encore bien plus, nécessairement en psychanalyse, qui ne nécessite pas de formation en psychologie clinique de l’enfant, c’est à dire, tous les autres chercheurs cliniciens qui ont observé des patients, qui ont autre chose à dire que d’entrer dans un modèle théorique, et qui font comprendre que Freud s’est inspiré de l’adulte et a vu l’enfant comme l’embryon de la structure de l’adulte.
    Un papillon n’est pas enfant, il est chenille et n’a pas d’ailes: La croyance dans le mini adulte en déploiement a la vie dure.
    On sait aussi que l’intelligence est prénatale, les structures sont en place, et que le jeune enfant s’en sert intensément, mémorise une quantité de données, notamment ce que j’aime à rappeler, le chat qui se brûle sur une plaque chauffante, se souviendra de la brûlure, mais aussi de la cause, le fait de sauter sur la plaque, et des conséquences, c’est à dire la durée de la douleur, les coussinets brûlés, l’odeur, etc.. Cette triade inscrite dans une durée, cause objet et conséquence, induit chez nous humains une mémoire biographique très concrète et très précise, nécessairement: Le chat toute sa vie sautera à côté de la plaque, la humera pour savoir si elle est chaude, et restera prudent pour avancer vers la casserole ou le récipient convoité.
    Si l’on part de la réalité intelligente et mémorielle de l’enfant, il est plus comme une riche nébuleuse de possibles, que dans un schéma rigide de pré-adulte en déploiement. L’enfant devrait donc être entendu comme un être unique à part entière, avec ses souvenirs, et qui est bien plus rarement perverti que la moyenne des adultes, y compris les psychiatres, psychanalystes, voire psychologues, qui ont une fâcheuse tendance à projeter sur les enfants et les patients, leur propre vision de l’enfance, comme le stade que eux ont su vaincre pour devenir le précieux adulte qu’ils se disent être.
    Lorsque ma mémoire a été mise en cause, j’ai effectué des recherches sur cette fameuse mémoire qui serait recomposée. Ma génitrice s’abritait derrière sa certitude qu’un enfant de quatre ans ne peut se souvenir de ce qui s’est passé, elle se croyait à l’abri, grâce une pseudo-science qui prétend que la mémoire est faite d’oubli, de mensonge et de reconstruction: aussi j’étais nécessairement menteuse.
    J’ai trouvé de tout, dans la littérature scientifique, du prétendu oubli du nourrisson opéré précocément, à l’hypermnésie spectaculaire des lieux et des objets, en passant par les structures neurologiques et le mécanisme des différentes mémoires, la mémoire traumatique et la sidération.
    Or je sais décrire un autre évènement objectif et prouvé par la date, le lieu à mes un an, qui n’avait jamais été relaté par la suite, ce, 53 ans plus tard: Cela a permis à mon père de prendre conscience, puisqu’il y était acteur et témoin privilégié, que ma mémoire à cet âge là était capable de précision bluffante, d’objectivité descriptive, détaillée d’une façon filmique, y compris dans l’impression des dispositions psychiques d’autrui, des rapports de force en jeu.
    Mais si je n’avais pas eu cette mémoire, la coupable refusant de faire son méaculpa, je serai restée l’horrible menteuse, d’une perversion incroyable, osant accuser sa mère, si pure!, de perversion!
    Le monde à l’envers. La psychiatre sexologue que j’ai consulté pour un autre sujet, quand à elle, alors même qu’elle se faisait un devoir de récolter mon récit d’enfance, pensait que les enfants inventent, reconstituent et sont incapables de se souvenir plus loin que leurs 12 ans… Ainsi, à cette époque non plus, je n’ai pas été crue par une psy, si ce n’est que comme part de ma ‘phantasmatique’ personnelle, une sorte de conte explicatif, de ma pourtant réelle mémoire traumatique et du stress de fond qui en est resté. Rien que cela est une preuve.
    Je n’ai eu que comme solution que de rompre les ponts avec les personnes qui ont douté de moi, qui m’ont réduite à une menteuse et une perverse.
    Je vis bien, mais avec ce vide de mère, et ça, malgré mon savoir qui me permet de passer outre, c’est irréparable.
    Je me méfie de celles et ceux qui prétendent que le traumatisme peut se guérir, non, la mémoire traumatique se remet à sa place si on fait un travail de remise en vérité de ce qui nous a été nié. Mais cependant, la mémoire de l’acte, s’agissant d’un parent encore plus, reste agissante: Pour moi elle a conduit à la perte d’une mère et à ‘ostracisme familial.
    Il n’est pas possible de pardonner, c’est inacceptable en tant que victime. Et les psys qui ont à traiter ce genre d’affaire devraient réfléchir à ce que la réparation toute partielle, c’est la reconnaissance en tant que victime, et non possiblement en tant que coupable de perversité: Leur position toute théorique sur la fiabilité de la mémoire, sur le monde prétendu pulsionnel de l’enfant, qui serait comparable à l’adulte, envie du pénis chez la fille, désir incestueux, pulsion amoureuse, et autres joyeusetés, violent l’enfant que nous restons une seconde fois.Depuis que j’ai appris la relation de Freud avec sa fille, pour le moins surprenante, et que je vois que Freud continue à être cité comme un maître, de manière dogmatique, j’ai pris conscience de la cause des dégâts que l’on observe en matière de prétendus droits sexuels, et d’idéologie du pseudogenre. Ce n’est pas qu’une question de paranoïa et de pouvoir mondial, avec son lot d’idéologies malfaisantes et mortifères contre l’humanité, c’est aussi un cancer rampant parmi les professionnels, enfin, ceux qui ont le droit de l’être par un diplôme, ou par l’argent qui leur permet de s’installer et ce constituer une clientèle.

    On n’est pas toujours soignant par passion de soigner, mais souvent aussi, par désir de pouvoir sur autrui et/ou désir de prestige, de place dans le monde de l’élite locale. L’histoire personnelle de Freud est intéressante à ce sujet. A mon sens, il y aurait un grand coup de balai à donner. Un film, Le Mur, est édifiant à ce sujet, car il montre la jungle des interprétations gratuites et déconnectées, qui restent les piliers de l’interprétation des troubles humains en France, particulièrement, pour qui consulte un psychiatre psychanalysant, avec le poids du diplôme médical en arrière plan. Quand aux simples psychanalystes, non médecins, libre à ceux qui y croient de se faire plumer. Ce qui serait essentiel, c’est de revoir tant la formation des psychiatres, voire supprimer la profession, pourquoi pas, et la remplacer par la certification médicale de la psychologie. Ainsi les psychothérapies, sous le sceau de la formation permanente, de la recherche clinique, auraient leur place dans le parcours médical des patients, et l’unicité du patient en matière de recherche clinique, permettrait de démêler ces malentendus qui perdurent en matière de théorie.

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