« À outrage secret, vengeance secrète. » (Pedro Calderón de la Barca, 1642)

« La vengeance est un aveu de douleur, c’est le triste plaisir d’un petit esprit et d’une âme malade. Il y a grandeur et noblesse à imiter ce fier lion qui écoute sans nul souci les aboiements d’une meute de petits chiens. » (Ambroise Rendu, 1834)

« Une saine vengeance : avoir horreur de commettre le tort dont on a souffert. » (Anne Barratin, 1913)

Dans la première partie de cet exposé, nous avons évoqué succinctement le point discriminant le plus essentiel à connaître pour différencier ce qui relève d’une perversion narcissique de ce qui témoigne de situations conflictuelles générant des « mouvements perversifs » et des comportements pervers sans pour autant qu’ils ne soient l’œuvre de pervers narcissiques au sens de la définition qu’en donne Paul-Claude Racamier. Ce point de rupture, c’est la jouissance telle qu’elle fut décrite dans notre précédent article. Bien que n’ayant pas épuisé ce thème, tant s’en faut, il est un autre aspect qu’il convient d’élucider pour « désacraliser » les représentations naïves d’un « monstre satanique » incarnant la figure du « Mal(e) absolu » causant le plus de dégâts possibles autour de lui, car si dégâts il y a – et ils sont énormes dans de telles situations –, ils ne sont pas le fait d’une méchanceté volontaire. Rappelons à ce titre les propos de P.-C. Racamier : « Comme de juste, il n’y a chez le pervers [narcissique] aucune véritable conscience du caractère pervers de ses conduites[1]. »

Que personne ne se méprenne toutefois, il ne s’agit pas ici de disculper le pervers narcissique qui est bel et bien responsable de s’en prendre à une victime innocente en lui causant parfois des dommages irréversibles pouvant aller jusqu’à provoquer sa mort (psychologique ou physique). Les agressions perverses que subit cette dernière sont, en tout état de cause, et quoi que l’on en dise, une incroyable injustice, et s’il y avait quelque chose de « monstrueux » dans ce type de relation, c’est bien le fait de s’en prendre à des personnes étrangères à ses propres malheurs et de les leur faire payer. Cette injustice-là est bien la source du mal et des souffrances infligées à leurs victimes. Pour comprendre cela, encore faut-il au préalable connaître la dynamique qui préside à ce retournement, celui qui, comme dans le roman de Kafka Le procès, permet l’accusation et la condamnation d’un innocent livré à la vindicte populaire par la rhétorique fallacieuse du pervers narcissique. Et tout le monde s’y laisse prendre. Peu y échappent, car l’ignorance et/ou la méconnaissance du mouvement pervers qui préside à ce retournement sont encore prévalentes dans notre société, ce qui la rend tout bonnement complice de tels agresseurs.

Notre justice n’est pas non plus en reste puisque les belles paroles de l’accusateur finissent souvent par la corrompre. Compte tenu du caractère « civilisationnel » de cette institution, il est donc très important de connaître la dynamique qui préside à la mise en place et au développement d’une perversion narcissique, car celle-ci n’est autre qu’une vengeance aveugle à laquelle toute justice prétendue « civilisée » est censée répondre équitablement. C’est bien pour juguler l’arbitraire d’une telle vengeance que notre système judiciaire existe. Dès lors, chaque fois qu’un pervers narcissique s’en prend à une victime innocente et que la justice et la société n’identifient pas correctement le rôle de chaque protagoniste de ce type de relation, elles se rendent complices du criminel en le protégeant contre celui qu’il a offensé… et cela porte un nom : c’est de la barbarie !

C’est du moins ce dont nous informe Montesquieu lorsqu’il écrit dans L’esprit des lois : « [chez les barbares] rendre la justice n’était autre chose qu’accorder à celui qui avait fait une offense sa protection contre la vengeance de celui qui l’avait reçue, et obliger ce dernier à recevoir la satisfaction qui lui était due : de sorte que […] la justice se rendait pour protéger le criminel contre celui qu’il avait offensé[2]. » Or, fréquemment, la justice se voile la face lorsqu’elle doit rendre des jugements envers un agresseur pervers narcissique en lui permettant d’assouvir sa vengeance personnelle sur une victime innocente. Sortir de ce déni impliquerait d’admettre que nous ne sommes pas plus évolués que ceux que nous qualifions péjorativement de « barbares », ce qui remet en question certains idéaux démocratiques dont le pouvoir judiciaire se gargarise. N’en disons pas plus, là n’est pas le sujet, mais on peine à imaginer les conséquences d’une telle prise de conscience et les importantes réformes que cela nécessiterait. (L’anthropologie nous apprend pourtant que certaines peuplades qui pratiquaient encore le cannibalisme il y a peu, avaient un système judiciaire bien plus sophistiqué que le nôtre en réfrénant efficacement toute velléité de vengeance, là où nos institutions judiciaires ne font en fait que l’alimenter et l’accroître.)

L’hypothèse de la vengeance du pervers, et plus encore du pervers narcissique, bien que méconnue dans la communauté des psys ou insuffisamment approfondie est toutefois postulée par plusieurs auteurs dont il ne me serait guère possible de dresser une liste exhaustive. Citons-en toutefois quelques-uns pour exemple.

Dans son essai La perversion : forme érotique de la haine (1975), R. Stoller met l’accent sur la vengeance dans la formation perverse en décrivant cette dernière comme l’élément central qui permet le retournement de la peur du traumatisme en triomphe, établissant par-là l’origine traumatique des organisations perverses. Jeanne Defontaine, décrivant un cas clinique de perversion narcissique féminine, commente son étude de cas : « J’ai compris après bien des années qu’il s’agissait en réalité pour elle de prendre une sorte de revanche sur un passé infantile très douloureux dont elle ne parvenait pas à se remettre[3]. » Pour G. Bonnet, « la perversion se nourrit de vengeance, et plus on se méprend, plus elle s’en prend à ceux qui ne l’ont pas compris. Pour le pervers, c’est une question de survie[4]. » Etc.

Ce constat établi, beaucoup de certitudes qui n’ont guère de sens dans la perspective d’une transmission psychique inconsciente et transgénérationnelle de la souffrance non-dite s’en trouvent chamboulées. En effet, le diagnostic de vengeance ouvre la voie à de nombreuses interrogations : de qui le pervers se venge-t-il ? Comment le pervers se venge-t-il ? Pourquoi ne retourne-t-il pas sa haine contre son agresseur au lieu de s’en prendre à une victime innocente ? Etc.

L’immense difficulté d’un tel repérage nécessite une courte présentation de cette forme de vengeance par tiers interposé et affligé, « sans le savoir, d’une affection qui ne lui appartient pas, à laquelle il ne comprend rien et dont il ne peut évidemment pas “guérir”, malgré ses efforts souvent désespérés[5] ». Dans un article de présentation de l’ouvrage de Gérard Bonnet cité supra, Denise Bouchet-Kervella, résume six critères spécifiques extraits de la conclusion de ce livre, au sous-chapitre « À quoi reconnaît-on la perversion ? » pages 235 à 240 :

Pour Gérard Bonnet, « la » perversion consiste en un « rituel aux exigences précises pour honorer le dieu de la vengeance », issu de la « conviction intime d’avoir été victime d’une mise à mort psychique[6] », et comportant simultanément les caractéristiques suivantes :
– une érotisation et une érection en système des processus de retournement/renversement ;
– la réduction d’un sujet à l’état d’objet, manipulé et parfois jeté sans précaution, traité selon la loi du talion, c’est-à-dire séduit, mais nié comme sujet ;
– le défi d’un idéal important, qui étend la vengeance aux dimensions de l’univers ;
– la mise en acte de la vengeance dans le réel, à la mesure de la séduction qui a été elle-même réelle, « pour écluser la charge explosive » résultant d’une excitation extrême subie ;
– la vengeance pour survivre est source d’une jouissance à nulle autre pareille, mais résulte d’une contrainte : « Pour le pervers, c’est jouir ou mourir » ;
– la vengeance aveugle peut utiliser une intelligence machiavélique, tout en restant totalement inconsciente de ses ressorts et de son éventuelle sophistication, car ces processus n’ont rien à voir avec la décision consciente de la « vendetta ».[7]

Ce résumé est suffisamment explicite pour se passer de commentaire, mais il faut toutefois répéter que cette observation ne s’impose pas comme une évidence puisque rares encore sont les auteurs qui ont pu en décrire le mécanisme pourtant introduit par S. Ferenczi en 1932 avec son article, très mal reçu – c’est peu de le dire – par la communauté psychanalytique de l’époque, sur « La confusion de langue entre les adultes et l’enfant » dont le titre original était : « Les passions [sexuelles] d’adultes et leur influence sur le développement de la personnalité et de la sexualité des enfants. » La conclusion du mélodrame soulevé par cet article et le sort qui a été réservé à Ferenczi par la suite est en tout point comparable au traitement que la communauté scientifique a réservé à Ignace-Philippe Semmelweiss dont l’histoire est un cas typique de l’étroitesse d’esprit et de la perversité dont peuvent se montrer capables certains milieux dès lors que des découvertes vont à l’encontre de la doxa dominante. Ce qui explique probablement pourquoi cette idée de vengeance n’a pas encore été correctement creusée sur un plan psychologique alors qu’elle est au centre des plus grandes tragédies qui ont traversées l’histoire de l’humanité.

Pour ne pas être en reste et abandonner le lecteur qui s’interrogerait sur l’« affaire » Ferenczi, car c’en est une, je le convie à lire l’ouvrage de Jeffrey M. Masson Enquête aux archives Freud, des abus réels aux pseudo-fantasmes et notamment le chapitre intitulé « L’étrange affaire du dernier article de Ferenczi » pages 207 à 254.

Ces précisions sont importantes, car les réponses aux questions que nous nous posons sur la vengeance du pervers s’y trouvent déjà préfigurées. Ainsi, pour savoir comment le pervers narcissique parvient à assouvir sa vengeance, la réponse est très simple, elle est l’essence même de toute psychanalyse : le pervers se venge par transfert et projection selon un mécanisme d’identification à l’agresseur parfaitement bien décrit par S. Ferenczi (et sur lequel il ne sera pas inutile de revenir dans un prochain billet).

Évoquer le transfert comme mode de communication entre le pervers et sa « victime » est tout sauf innocent, car à la question : « qu’est-ce que la psychanalyse ? » nous pourrions répondre : « La psychanalyse, c’est la découverte de l’inconscient grâce au transfert ». En effet, si nous nous en remettons à Savério Tomasella : « La notion de transfert est d’autant plus importante pour les psychanalystes qu’elle constitue l’un des deux piliers du travail psychanalytique, l’autre étant l’inconscient[8]. » Citant le psychanalyste Pierre Delaunay, cet auteur rajoute : « le transfert “correspond à l’actualisation des désirs inconscients et des modèles relationnels intériorisés”[9]. » De plus, pour « S. Freud et S. Ferenczi […] les transferts correspondent à des actes par lesquels se rejouent des éléments d’un drame oublié. Ce qui va se réitérer dans la relation avec le psychanalyste a déjà eu lieu dans la vie du patient, mais n’a été ni compris ni conscientisé. Ces évènements réels cherchent ainsi à trouver une place psychique et disent l’“essentiel du patient”[10]. » S. Tomasella cite encore J.-B. Pontalis qui précise que « Le transfert est un agir, le transfert est une passion, non un dire (ou alors un dire qui est faire) et c’est ce qui rend si difficile, aussi bien pour le patient que pour le psychanalyste, d’en parler[11]. » Fait « étonnant » (pour notre propos et le sujet étudié), S. Ferenczi « est le premier à affirmer que les phénomènes de transfert ne concernent pas que la situation psychanalytique, et peuvent se retrouver dans toute forme de relation[12] » (d’où l’utilité d’une psychanalyse sans divan, cf. Racamier, 1970).

Le transfert dont use le pervers est de type inversé (faire à autrui ce que d’autres nous ont fait) : « il correspond à l’“identification à l’agresseur” ou plus précisément à l’imitation du violenteur. Le patient prend la place de l’adulte maltraitant et met le psychanalyste à celle de l’enfant maltraité (ou abusé), lui faisant éprouver ce qu’il a lui-même ressenti lorsqu’il était enfant[13]… » Cerise sur le gâteau, ce transfert inversé s’organise sur un mode paradoxal. Or, le transfert paradoxal est la « bête noire » de la psychanalyse et, de façon plus générale, des Sciences humaines. Il est si complexe à décrypter que la plupart des thérapeutes préfèrent l’ignorer plutôt que d’en tenir compte dans leur pratique. Les précurseurs dans le domaine de la paradoxalité se comptent sur les doigts d’une main : P.-C. Racamier, Didier Anzieu, J.-P. Caillot et G. Decherf. Cependant, depuis les découvertes du double-bind par Grégory Bateson et l’école de Palo-Alto, de plus en plus de recherches pluridisciplinaires autour de cette problématique ont apporté une meilleure compréhension de notre fonctionnement psychique. Sans entrer dans les détails vu la complexité du sujet, c’est un champ d’investigation des thérapies familiales psychanalytiques relatif à la position narcissique paradoxale pathologique qu’adopte un groupe familial où « vivre ensemble nous tue, nous séparer est mortel[14] ». Cette position narcissique paradoxale pathologique est symptomatique des familles à transactions schizophréniques ou perverses. Rappelons à ce titre que « la schizophrénie est l’envers d’une perversion narcissique[15] » et que cette dernière agit en défense contre la première (Racamier, 1978 ; Balier, 2005 ; Zagury, 2008 ; Cautaertz, 2010 ; etc.).

S. Tomasella remarque également que « L’empathie est centrale dans le bon déroulement d’une psychanalyse[16]… » et souligne l’importance de l’empathie dans le déroulement d’une cure psychanalytique selon S. Ferenczi.

En résumé de ce qui précède, sachant que le Moi fragile des pervers narcissiques pousse à une quête permanente de réassurance, nous pouvons en déduire que de tels individus se cherchent un thérapeute à domicile capable de leur injecter une « perfusion narcissique[17] » permanente. Jean-Charles Bouchoux[18] ne dit d’ailleurs pas autre chose lorsqu’il répète sans cesse lors de ses interventions médiatiques que la victime est le médicament du pervers, sauf que ce médicament à un effet « euphorisant » semblable à celui d’une drogue et que la dépendance du pervers impose une « assistance narcissique obligée[19] » à son entourage. Toutes les manipulations du pervers narcissique qui font tant souffrir sa (ses) victime(s) ont pour principal enjeu cette perfusion narcissique et cette assistance narcissique obligée. Ce fait est essentiel à comprendre, car le refus de la victime de répondre à la quête inconsciente du pervers activera chez lui son désir de vengeance qui se repère grâce au transfert inversé et paradoxal se mettant en place entre le pervers et sa victime, « proie » ou « pigeon » selon Racamier. Celle-ci doit donc se battre contre des « démons » qui ne sont pas les siens, dont elle ne connaît rien et auxquels elle ne peut rien comprendre, pas plus que n’en ont compris la plupart de ceux qui stigmatisent encore de telles victimes malgré les géniales découvertes de Racamier.

Étant donné que le dénuement fantasmatique du pervers rend toute symbolisation de ses traumatismes infantiles impossible, c’est par des agirs – de paroles pour le pervers narcissique ou d’actes pour le pervers sexuel – que le pervers met en œuvre ce qui, pour lui, reste irreprésentable. Tel est le sens des agissements de ces personnalités que l’on a longtemps cru inanalysables. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui… d’où l’importance des travaux de certains auteurs à la pointe de la recherche en Sciences humaines dans le domaine de la perversité tel que ceux de P.-C. Racamier ou de Claude Balier et de leurs successeurs qui ont compris la signification à donner à ce type d’agirs mettant en scène ce qui est pour ces patients de l’ordre de l’irreprésentable, demeure des angoisses archaïques insurmontables. Ainsi, « l’une des données fondamentales de ces relations perverses est l’agir psychique[20] », et « c’est vers ce registre que tendent la plupart des mécanismes décrits par P.-C. Racamier dans ces dernières années : extr-agir, transagir, expulsion du deuil, emprise, inanité, etc.[21] ».

Nous venons d’aborder et de mettre à jour « l’élément central » (cf. R. Stoller), du comportement pervers, mais si nous avons brièvement répondu à la question du « comment le pervers se venge-t-il ? » il nous reste encore à aborder les raisons de cette vengeance et notamment pourquoi le pervers ne se venge pas sur ceux qui l’ont offensé. Pour ne pas alourdir cet article, ceci fera l’objet d’un prochain billet, mais d’ores et déjà, qu’il soit utile de savoir que nous en trouverons une excellente synthèse, en deux parties, sous la plume de Racamier (cf. notes 22 et 24). Ces études situent le parcours théorique de cet auteur qui s’échelonne sur près d’un demi-siècle et qui l’aura conduit de psychose en perversion (perversité narcissique). Elles renseignent sur les bases scientifiques de la théorie de la perversion narcissique qui puise ses sources dans les pathologies frustrationnelles, car lorsque ces études furent publiées (1953 et 1954), peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, la protection des enfants sans foyer était alors une priorité de l’OMS et des Nations-Unies en raison du nombre important d’orphelins de guerre. C’est ainsi que « l’analyse du lien frustration précoce-antisocialité doit être poussée plus loin [22]». En effet, déjà à cette époque « des preuves préliminaires ont été données qu’à la fois la gravité de l’antisocialité et l’inaccessibilité thérapeutique vont de pair avec l’importance des frustrations subies[23]. » Dès lors, si « la frustration des besoins de base ne peut que se compenser et se réparer[24] », pourquoi notre société en est-elle aujourd’hui encore à nier l’existence de tels liens tout en s’évertuant à rompre la relation entre le nouveau-né et ses figures d’attachements ?

Pour conclure sans clore le débat, ces quelques considérations devraient nous conduire à une analyse plus approfondie et une redéfinition de la notion de mal, car comme le souligne Patrick Vignoles dans son livre sur La perversité, « le mal, c’est vengeance… »

À suivre !

Philippe Vergnes

N.B. :
Le lecteur intéressé par l’approche psychanalytique de la vengeance trouvera un complément d’information sur cette problématique en lisant les articles de Jean-Marc Dupeu, « Pour introduire le concept de vengeance en psychanalyse », dans Revue française de psychanalyse 2015/2 (Vol. 79), p. 368-380 ; d’Harold Searles (1956), « Psychodynamique du désir de vengeance », dans L’effort pour rendre l’autre fou ; ou encore Melanie Klein (1937), « L’Amour, la culpabilité et le besoin de réparation », dans L’amour et la haine.


[1] Racamier, Paul-Claude (1992), Le génie des origines : psychanalyse et psychoses, Paris : Payot, 420 p. (p. 288).

[2] Montesquieu, Charles-Louis de Secondat (1748), L’Esprit des lois, Livre XXX, chapitre 20.

[3] Defontaine, Jeanne (2003), « Quelques aspects du transfert dans la perversion narcissique », Revue française de psychanalyse n° 67 : « La perversion narcissique », p. 839-855.

[4] Bonnet, Gérard (2008), La perversion : se venger pour survivre, Paris : PUF, 242 p. (quatrième de couverture).

[5] Cf. le commentaire de Maurice Hurni sur le site de l’APAOR sous la définition de la perversion narcissique.

[6] Ce point a déjà été abordé dans l’article « Le meurtre de l’âme ou meurtre psychique et la perversion narcissique ».

[7] Bouchet-Kervella, Denise (2009), « La perversion : se venger pour survivre de Gérard Bonnet », Revue française de psychanalyse n°73 : « L’identification à l’agresseur », p. 191-199.

[8] Tomasella, Savério (2012), Le transfert, Paris : Eyrolles, 114 p. (p. 51).

[9] Ibid., p. 51.

[10] Ibid., p. 74.

[11] Ibid., p. 74. (Souligné en gras dans le texte original.)

[12] Ibid., pp. 58-59.

[13] Ibid., pp. 78-79.

[14] Caillot, Jean-Pierre et Decherf, Gérard (1982), Thérapie familiale psychanalytique et paradoxalité, Paris Clancier-Guénaud, 232 p. (p. 148).

[15] Racamier, Paul-Claude (1980), Les schizophrènes, Paris : Payot, collection PBP,

[16] Tomasella, Savério (2012), op. cit., (p. 44).

[17] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Paris : Apsygée, 124 p. (p. 57-58).
« PERFUSION NARCISSIQUE. – (Cl, In) Désigne le besoin qu’ont certaines personnalités à narcissisme exigeant (et à tendance paranoïaque) d’être sans cesse soutenues et alimentées dans le sentiment de leur valeur, de leurs vertus et de leur intégrité ; et ces personnalités de donner avec force à leur entourage le sentiment qu’hors de ce “nourrissage” narcissique elles ne survivraient pas. De là l’image d’une perfusion vitale, dont l’entourage se fait une sorte d’obligation (perfusion narcissique forcée).
Il arrive au patient psychotique, s’étant senti jadis le nourrisseur du narcissisme de sa mère, d’en faire de même envers le thérapeute, et de lui rendre ou d’en attendre le même service. »

[18] Bouchoux, Jean-Charles (2009), Les pervers narcissiques : qui sont-ils ? Comment fonctionnent-ils ? Comment leur échapper ?, Paris : Eyrolles, 159 p.

[19] Racamier, Paul-Claude (1993), op. cit., (p. 25).
« ASSISTANCE NARCISSIQUE OBLIGÉE. – (In, Cl) Désigne le processus par lequel un sujet narcissiquement vulnérable et avide de réconfort narcissique oblige insidieusement son entourage (parents, conjoints, enfants, amis, thérapeute, etc.) à lui fournir une assistance constante, consistant principalement à confirmer sa valeur ainsi que son intégrité, et plus précisément à confirmer ses dénis de toute défaillance, carence ou douleur personnelle.
Tel est en particulier le cas des pervers narcissiques, des prédisposés paranoïaques ou des paranoïas “dormantes”, lesquelles cessent de dormir dès lors que l’assistance obligée cesse ou est démentie.
(On pourra aussi bien dans ces cas parler de perfusion narcissique forcée).

[20] Caillot, Jean-Pierre (2015), Le meurtriel, l’incestuel et le traumatique, Paris : Dunod, 192 p. (p. 62).

[21] Ibid., p. 62.

[22] Racamier, Paul-Claude (1954), « Étude des frustrations précoces (II), effets cliniques la pathologie frustrationnelle », dans Revue Française de Psychanalyse, tome XVIII, n° 1,

[23] Ibid.

[24] Racamier, Paul-Claude (1953), « Étude clinique des frustrations précoces », dans Revue Française de Psychanalyse, tome XVII, n° 1-2, pp. 328-350.

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