« Ken Wilber est source d’une pénétrante compréhension. » (Deepak Chopra)

« Il a été comparé à Platon, Einstein, William James, Freud et Hegel… entre autres. » (Roger Walsh)

« Une nouvelle synthèse scientifique extraordinaire de la conception scientifique et spirituelle de la condition humaine. » (Mitchell Kapor, au sujet du livre de Ken Wilber Une brève histoire de tout)

« Rien n’est aussi opératoire qu’une bonne théorie. » (Kurt Lewin)

« Vous ne changerez jamais les choses en vous battant contre la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète » (Richard Buckminster Fuller). Or, et l’actualité nous le démontre quotidiennement surtout en cette période : « faire toujours plus de la même chose conduira invariablement au même résultat ». « Faire plus de la même chose » où Comment réussir à échouer (Paul Watzlawick) est bien la solution que nous propose la politique d’Emmanuel Macron qui depuis son élection présidentielle s’entête à me donner raison (cf. « Macron psychopathe ? »). Dans cette série d’articles, nous allons tenter de présenter des auteurs ou des penseurs susceptibles de nous conduire sur d’autres voies que l’ultra-solution prônée par le système Macron (sous-titre du livre de Paul Watzlawick ci-dessus). Or, les français ont un don particulier qui semble être celui de passer à côté des principaux auteurs dont les conceptions sont à même de révolutionner notre vision du monde. Ainsi, après avoir raté le tournant de la sémantique générale qui a tout de même inspiré des chercheurs indépendants tels que Gaston Bachelard ou bien Henri Laborit, inventeur de la notion de pensée complexe qui sera ensuite largement développée par un certain Edgar Morin, etc., notre pays s’est démarqué en ayant également ostracisé un auteur tel que Ken Wilber qui a écrit un essai reconnu comme un des livres les plus importants jamais publiés par des gens d’horizons extrêmement variés tels que David Böhm, Al Gore, Huston Smith, Michael Murphy, Daniel Golleman ou Larry Dossey, etc. Rien de moins… et c’est peu de le dire !

Ken Wilber a développé une vision du monde intégrale, pluri- et transdisciplinaire qu’il nomme une théorie de tout dans laquelle il définit le spectre de la conscience comme un processus dynamique du développement qui débute par des niveaux prépersonnels, se poursuit par des niveaux personnels eux-mêmes transcendés par des niveaux transpersonnels. Le suffixe trans- signifie « qui traverse l’espace ou la limite, qui est de l’autre côté de la limite que désigne le substantif de la base ». Son souci principal a été de chercher une conception du monde qui puisse inclure et accueillir tous les dimensions, niveaux, domaines, vagues, modes, individus, cultures, etc. ad infinitum, car pour lui : tout le monde a raison et chacun « détient une part importante de la vérité, et toutes ces parts de vérités se doivent d’être honorées, chéries et comprises dans un embrassement plus courtois, plus ample et plus compassionnel ». Comme il le précise lui-même, il n’attaque jamais la croyance centrale d’aucune discipline, mais seulement la revendication que telle ou telle discipline a de détenir la vérité unique. Car pour lui, chaque approche est vraie pour l’essentiel… mais partielle. Et il se répète : « vraie mais partielle, vraie mais partielle, vraie mais partielle… », et de rajouter : « … sur ma tombe, j’espère de tout cœur qu’un jour quelqu’un écrira : ce qu’il a dit était vrai mais partiel ».

L’approche intégrale de Ken Wilber est une tentative de réponse « simplexe[1] » afin d’aborder cette complexité avec plus de perspicacité, et donc, une meilleure compréhension du monde dans lequel nous vivons. Wilber présente une manière d’organiser tout ce que l’on sait du monde selon des approches, scientifiques, philosophiques, spirituelles, pratiques, etc. en isolant leur dénominateur commun afin d’en dégager une cohérence d’ensemble. La pensée intégrale, qui peut paraître complexe au néophyte, tend à simplifier toutes nos connaissances humaines dans tous les domaines de la vie depuis que le monde est monde, mais sans réduire cette connaissance à un réductionnisme mutilant tueur de créativités. Entreprise considérable s’il en est, il faut étudier cet auteur pour en comprendre la pensée et entrer dans ses représentations, car il nous donne des outils efficaces pour mieux appréhender les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés.

Un rapide rappel de quelques-unes de ses notions clefs nous aidera à mieux situer le cadre de sa théorie.

Les holons :

C’est un des concepts les plus fondamentaux de toute la théorie de Ken Wilber. Il emprunte le terme holon (hol-on) à Arthur Koestler pour qui les holons sont des touts/parties qui composent la réalité. A. Koestler a créé ce mot pour désigner une entité qui est simultanément un tout en soi et une partie d’un autre tout. Ainsi, le tout d’un quark devient une partie d’un atome, le tout d’un atome devient une partie d’une molécule, le tout d’une molécule devient une partie d’une cellule, et ainsi de suite. Le tout d’un niveau devient une partie du tout d’un niveau suivant. L’univers entier est construit à partir de holons et la théorie intégrale est l’étude des holons où qu’ils apparaissent. Chacune de ces entités n’est ni un tout ni une partie, mais un tout/partie : un holon. Les holons sont organisés en holarchie.

Holarchie :

Une holarchie est une hiérarchie naturelle : le tout d’un niveau devient une partie du niveau suivant (comme dans l’exemple fourni ci-dessus). Pratiquement tous les processus de croissance, de la matière à la vie et au mental, s’inscrivent dans des holarchies qui sont des hiérarchies naturelles ou des ordres croissants de holisme. Les hiérarchies naturelles ou holarchies ont mauvaise réputation en raison de la confusion entretenue avec les hiérarchies de domination : oligarchies, ploutocraties, aristocratie, synarchie, etc. Elles sont cependant d’une importance cruciale à comprendre, car le non-respect de ces holarchies naturelles conduit aux hiérarchies pathologiques ou de domination. Ce qui est bel et bien l’un des plus gros problèmes de notre époque.

Les 10 niveaux du processus de croissance :

Pour Ken Wilber, le processus de croissance est figuré par quatre niveaux pré-personnels, trois niveaux personnels et trois autres trans-personnels, etc. Le tout forme un modèle de développement humain en neuf étapes que l’on peut simplifier selon trois, voire quatre stades : pré-personnels, personnels et transpersonnels ou bien pré-rationnel, rationnel, trans-rationnel ou encore égocentrique, ethnocentrique, mondocentrique, kosmocentrique, etc.

Attention toutefois, pour la « sectorisation » en quatre stades, les écrits de Wilber qui s’inspirent de très nombreux auteurs (il déclare avoir développé son modèle d’après la synthèse d’environ deux cents grilles de développement d’auteurs occidentaux et orientaux) peuvent prêter à confusion. Par exemple, l’une des grilles de développement qu’il utilise souvent, celle du développement moral de L. Kohlberg, divise également le développement en pré-conventionnel, conventionnel et post-conventionnel. Cela correspond chez Ken Wilber aux stades pré-rationnel et rationnel comme indiqué dans le tableau ci-dessous. Ce qu’il ne précise pas toujours et peut entraîner des confusions pour ceux qui le lisent et souhaitent saisir son concept de transrationnel.

Vers une révolution jaune, tableau 1
Tableau 1

Cette précision importante étant faite, j’ai choisi de vous présenter ces 10 niveaux de conscience sous forme de tableau, mais la représentation la plus juste serait celle d’une spirale dynamique telle qu’ont pu la concevoir les psychologues Don Beck et Cris Cowan d’après les travaux de leur professeur Clare Graves (ouvrages non traduits en français).

Vers une révolution jaune, tableau 2
Tableau 2

La description de ces dix niveaux nécessite une présentation plus approfondie qui dépasserait le cadre de ce billet, mais l’idée générale étant que chaque stade décrit une vision du monde différente. Le monde paraît différent et est perçue différemment à chaque niveau et à mesure que de nouvelles capacités cognitives se déploient et évoluent. Pour Ken Wilber ce passage est obligatoirement une inclusion et une transcendance. C’est-à-dire que la trans-rationalité dépasse et inclut la rationalité qui elle-même transcende et inclut la pré-rationalité. C’est en quelque sorte une version améliorée du célèbre aphorisme : « Le tout est plus grand que la somme des parties. » Mais pour que cette évolution, cette inclusion et cette transcendance, soient possibles, il est nécessaire d’intégrer les deux principaux chemins d’accès à la connaissance – l’interne et l’externe – que Ken Wilber appelle « sentier de gauche » et « sentier de droite » chacun s’exprimant soit de façon individuelle, soit de façon collective. Le tout se présente sous la forme de quatre quadrants qui renvoient également à une grille de lecture abordant toute problématique selon un point de vue différent donnant ainsi schématiquement quatre façons d’aborder un problème (dans un prochain article, nous verrons comment ces quatre manières d’appréhender le réel peuvent également se conjuguer pour parvenir à être toutes associées entre elles ce qui, au final, revient à aborder un sujet selon une vision intégrale telle qu’ici promue).

Les quatre quadrants :

Si le spectre de la conscience peut être organisé en niveaux et/ou stades, ou selon un axe vertical symbolisant une holarchie (ou hiérarchie naturelle), l’outil nouveau et sans doute le plus puissant que Ken Wilber met à contribution dans Une brève histoire de tout est cette idée qu’il existe quatre « quadrants » du développement[2]. Autrement dit il existe une spirale dynamique du développement de la conscience qui progresse selon une hiérarchie naturelle combinée à quatre différentes « dimensions » ou quatre différents domaines d’investigation du réel.

Les quatre quadrants ou système AQAL et leurs principaux représentants sont ainsi figurés par Ken Wilber (il existe également d’autres représentations plus complètes couplées aux stades du processus de croissance ou à des holarchies correspondant à chaque quadrant) :

Vers une révolution jaune, tableau 3
Tableau 3

Les quadrants SD et ID représentant le sentier de droite forment ce que Wilber appelle le Grand Un ou le royaume du TOUT CELA et de la Terre Plate (Flatland), domaine d’investigation du réel privilégié par l’idéologie du post-modernisme ambiant qui outre le fait de dénier les réalités subjectives – sentier de gauche –, qui sont en fait des réalités psychiques objectives complétant les réalités physiques objectives[3] – sentier de droite –, commet également l’une des principales erreurs de raisonnement dénoncées par Wilber : la confusion pré-trans ou cpt en abrégé.

La confusion pré-tans :

Cette confusion est sans nul doute, dans le prolongement de l’erreur catégorielle que je ne peux présenter ici faute de place (cf. Les trois yeux de la connaissance), l’un des biais cognitifs parmi les plus importants à connaître. Laissons à Ken Wilber le soin de nous expliquer ce qu’il entend par « confusion pré-trans » :

« Il est toutefois un […] obstacle à l’émergence d’une vision du monde complète, et celui-ci est sans conteste le plus fascinant de tous. Cet obstacle, cette confusion, a corrompu, sous ses formes diverses, les travaux des psychologues de Freud à Jung, des philosophes de Bergson à Nietzsche, des sociologues de Lévy-Bruhl à Auguste Comte. On le retrouve aussi bien derrière la vision du monde mythologique et romantique que derrière la vision rationnelle et scientifique ; aussi bien dans les tentatives actuelles visant à prôner le mysticisme que dans celles visant à le dénoncer. Je suis convaincu que tant que cet obstacle n’aura pas été levé, tant que cette confusion n’aura pas été dissipée, nous serons dans l’incapacité d’élaborer une vision du monde qui soit vraiment complète. J’ai baptisé cet obstacle la “confusion pré/transˮ [abrégé en cpt] et j’entends en expliquer la nature dans le cadre de ce chapitre.
Il est relativement simple de formuler l’essence de la confusion pré/trans. Nous commençons tout simplement par supposer que les êtres humains ont en réalité accès à trois domaines généraux d’être et de connaissance – le sensoriel, le mental et le spirituel. La terminologie variera selon les préférences : subconscient, conscient et surconscient, ou prérationnel, rationnel et transrationnel, ou prépersonnel, personnel et transpersonnel. La difficulté est liée à un fait assez simple : le pré rationnel et le trans rationnel, par exemple, sont non-rationnels, chacun à leur manière, en conséquence, ils paraissent relativement semblables, voire identiques au regard du profane. Cette confusion – entre “préˮ et “transˮ a deux conséquences possibles : les domaines transrationnels sont réduits au niveau pré-personnel [cpt-1 en abrégé], ou les domaines prérationnels sont élevés à une gloire transrationnelle [cpt-2 en abrégé]. Dans un cas comme dans l’autre, la vision du monde est tronquée, une moitié du monde réel (le “préˮ ou le “transˮ) étant victime d’une profonde erreur de traitement et de compréhension[4]. »

Selon cette conception « tous les objets de ce monde ne peuvent donc être considérés que comme des objets ayant connu un certain développement. Ce dernier peut être progressif, régressif ou stationnaire, mais il n’est jamais totalement absent. Bref, tous les phénomènes se développent, donc une phénoménologie authentique est toujours évolutive, dynamique – ce fut, par exemple, l’essence de la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel[5]. » (Notons également pour les lecteurs habitués de ce site que c’est aussi l’essence même de la théorie de la perversion narcissique que nous retrouverons dans les prochains articles en suivant les traces de Ken Wilber.)

Pour bien comprendre ce qu’est la confusion pré-trans, il faut donc avoir en tête les dix niveaux du spectre de la conscience définis par Ken Wilber qui s’inspire en cela des travaux de la spirale dynamique de Clare Graves et de ses successeurs (cf. bibliographie) ainsi que des 3 stades résumés en prépersonnel, personnel et transpersonnel (cf. tableau 2). Et «puisque le développement évolue du prépersonnel ou transpersonnel en passant par le personnel, et puisque le prépersonnel et le transpersonnel sont, chacun à leur façon, non-personnels, alors le profane aura tendance à croire que le prépersonnel et le transpersonnel sont semblables voire identiques. En d’autres termes, il fera une confusion entre les dimensions prépersonnelle et transpersonnelle – et nous voici au cœur de la cpt[6]. »

Compte tenu de l’importance de cette confusion chez la plupart des penseurs ou théoriciens en sciences humaines, tant en occident qu’en orient, prenons deux exemples parmi les plus significatifs que nous communiquent Wilber :

« En ce qui concerne le développement psychologique humain, les deux exemples majeurs de cpt-1 et cpt-2 sont, respectivement, Freud et Jung (quoiqu’ils ne soient pas les deux seuls représentants de ces classes, ainsi que nous le verrons). Freud avait une notion correcte du ça prépersonnel (A) et du moi personnel (B), mais il réduisit toutes les expériences spirituelles et transpersonnelles (C) au niveau prépersonnel. Les intuitions transtemporelles sont expliquées comme étant des pulsions prétemporelles du ça ; le sâmadhi transsujet/objet est considéré comme une régression vers un narcissisme présujet/objet ; l’union transpersonnelle est interprétée comme une fusion prépersonnelle. Freud suit, à tous égards, la VM-1 (fig. 1 ci-dessous). La VM-1 n’est pas bien entendu propre à Freud. Elle caractérise l’orthodoxie occidentale classique – de Piaget à Sullivan en passant par Adler et Arieti.
J’ai le sentiment que Jung se situe à l’extrême opposé. Il avait une notion correcte et très claire de la dimension transpersonnelle ou spirituelle, mais il la fondait et la confondait souvent avec les structures prépersonnelles. Pour Jung, il n’est que deux domaines majeurs : le personnel et le collectif – et il a donc tendance, comme Assagioli lui-même l’a fait remarquer, à obscurcir les différences importantes et profondes existant entre l’inconscient collectif inférieur et l’inconscient collectif supérieur ; soit entre le collectif prépersonnel et le collectif transpersonnel. Ainsi, Jung se retrouve-t-il parfois amené non seulement à glorifier des formes de pensée mythiques infantiles, mais encore à faire subir un traitement régressif à l’Esprit. Quoi qu’il en soit, ses disciples et lui n’ont conscience que de deux domaines majeurs – le moi et le Soi. Le développement humain est donc perçu comme se déroulant selon un axe moi-Soi, qui se présente comme dans le schéma de la figure 2, le Soi se situant au niveau inférieur et le moi au sommet. Voici ni plus ni moins une VM-2, et comme nous le verrons, elle est acceptée de manière générale par maints psychologues transpersonnels, même par ceux qui désavouent Jung. »

La vision du monde (VM-1) de la cpt-1 (fig. 1) :

Prépersonnel A (C) ○▬▬▬▬▬○ B Personnel

La vision du monde (VM-2) de la cpt-2 (fig. 2) :

Transpersonnel C (A) ○▬▬▬▬▬○ B Personnel

Alors qu’une vision du monde (VM) correcte résumant l’ensemble du spectre de la conscience devrait plutôt être schématisée ainsi selon Wilber (fig. 3) :

Prépersonnel A ○▬▬▬▬▬○ B Personnel B ○▬▬▬▬▬○ C Transpersonnel.

Je n’ai présenté ici que quelques notions clefs de la philosophie intégrale de Ken Wilber, mais il en existe bien d’autres. Bien que la carte ne soit pas le territoire (cf. Alfred Korzybski), ce dont Ken Wilber a particulièrement conscience, l’intérêt des travaux de cet auteur résident dans le fait qu’il puisse proposer une carte intégrale qui nous permette de nous diriger dans un monde de plus en plus complexe tel que nous le vivons à l’heure actuelle et si comme toutes cartes, la sienne manque encore de précisions, c’est toutefois l’une des plus abouties qui vous permettra de naviguer plus aisément dans les méandres de la complexité humaine. En outre, il est à noter que son positionnement sur la spirale dynamique se situe au niveau correspondant à celui que Clare Grave a défini comme étant A’N’-Jaune caractérisant des individus qui valorisent le savoir, sont en apprentissages permanents et disponibles pour partager leurs connaissances. Les personnes centrées en A’N’-Jaune savent exprimer leur soi, mais jamais aux dépens d’autrui, ils ont pris conscience de l’état désastreux du monde tout en étant sensibles aux autres. Ils ont une vision systémique des problèmes et veulent contribuer à régler les problèmes globaux, etc. (pour aller plus loin dans la description des valeurs promues à chaque niveau de conscience, cf. La Spirale Dynamique de Fabrice Chabreuil et Patricia Chabreuil).

À titre d’exemple, je donnerais une liste restreinte de quelques auteurs français centrés A’N’-jaune : Pierre Theilard de Chardin, Henri Laborit, Edgar Morin, Joël de Rosnay, l’astronaute Patrick Baudry, Hubert Reeves, etc. De nos jours, la conscience A’N’-Jaune serait représentée par 5% de la population mondiale d’après les estimations des successeurs de Clare Graves, mais se pourrait-il qu’inconsciemment une poussée de « fièvre » jaune puisse « booster » ce niveau de conscience dont nous aurions bien besoin pour résoudre les problèmes posés par la conscience capitaliste centrée en ER-orange et ceux qui émergent déjà de la conscience relativiste de FS-vert ?

En résumé, pour franchir l’obstacle qui se présente à nous collectivement, nous devons d’ores et déjà passer l’étape du post-modernisme par une critique constructive de cette philosophie de vie qui imprègne et domine le monde d’aujourd’hui. Cependant, pour Ken Wilber, penseur critique du post-modernisme, le principal problème des post-modernes réside dans leur narcissisme (cf. son livre non traduit en français Boomeritis). Fait étonnant, Emmanuel Macron est le premier président à incarner cette idéologie attestant par-là de son influence prégnante (cf. « Emmanuel Macron, président du post-modernisme »). Or pour sortir du post-modernisme, il n’y a qu’une seule solution : développer une conscience centrée en A’N’-Jaune… ça ne s’invente pas… serait-ce encore une fois que ce soit le peuple qui montre la voie ?

Philippe Vergnes

Bibliographie succincte :

Pour vous familiariser avec la théorie et les travaux de Ken Wilber, la lecture de ses quelques livres en français est un préalable indispensable de même que les quelques rares auteurs français qu’il a pu inspirer dont voici la liste :

Carfatan, Serge (2017), Connaissance de la totalité, pourquoi l’homme fonctionne comme une totalité vivante ?, Paris : Almora, 400 p.
Chabreuil, Fabien & Chabreuil, Patricia (2015), La Spirale dynamique (3e édition), Paris : InterEditions, 264 p.
Drouot, Patrice (2013), La révolution de la pensée intégrale, Escalquens : Dangles, 300 p.
Guérin, Véronique & Ferber, Jacques (2007), Le monde change… et nous ?, Lyon : Chronique Sociale, 252 p.
Visser, Frank (2017), Ken Wilber, la pensée comme passion, Paris : Almora, 464 p.
Wilber, Ken (1983), Les trois yeux de la connaissance, Monaco : éditions du Rocher, 213 p.
Wilber, Ken (1997), Une brève histoire de tout, Boucherville : Mortagne, 452 p.
Wilber, Ken (2013), Grâce et courage, Paris : Almora, 624 p.
Wilber, Ken (2014), Une théorie de tout, Paris : Almora, 282 p.
Wilber, Ken (2017), Le livre de la vision intégrale, Paris : InterEditions, 240 p. (Ce dernier livre est une introduction simplifiée, pour ne pas dire « simpliste », d’accès très facile à la philosophie de Ken Wilber. Il ne saurait toutefois en être véritablement représentatif.)

Principaux sites internet :

Le journal intégral, le blog d’Olivier Breteau qui présente une myriade d’articles en lien avec la théorie intégrale de Ken Wilber.
Philosophie et spiritualité, le site de Serge Carfatan qui comporte des leçons de philosophie très complètes portant sur les travaux de Ken Wilber et bien d’autres encore.
Spirale dynamique, le site de Fabrice Chabreuil et Patricia Chabreuil sur la spirale dynamique qui a fortement inspiré la vision intégrale de Ken Wilber.
Ressource intégrale, le site du physicien Patrice Drouot, l’auteur du livre La révolution de la pensée intégrale.
Développement intégral, le site de Jacques Feber incluant de nombreuses analyses sur notre société en lien avec la spirale dynamique et la vision intégrale de Ken Wilber.
Et enfin pour les anglophones, le site de Ken Wilber : kenwilber.com.


[1] Berthoz, Alain (2009), La simplexité, Paris : Odile Jacob, 256 p.
« La simplexité, telle que je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces. »
[2] C’est cette idée que j’avais tenté d’exprimer « naïvement » dans mon article « Se comprendre ou s’entretuer : question de logique ? » sans même connaître Ken Wilber à l’époque. Mon intuition initiale se rapprochait plus du système AQAL que du développement « alambiqué » que je lui avais alors donné pour cet article dont la parution m’aura au moins permis de connaître Ken Wilber suite à l’intervention d’un lecteur qui en a fait le rapprochement. Qu’il en soit remercié.
[3] Cf. les écrits d’un auteur tel que Pierre Solié par exemple.
[4] Wilber, Ken (1987), Les trois yeux de la connaissance, Monaco : éditions du Rocher, 213 p. (p. 137).
Tout le chapitre 7 est consacré à la description et aux exemples de ce que Ken Wilber appelle la confusion pré-trans.
[5] Ibid., pp. 137-138.
[6] Ibid., p. 139.

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