L’anthropologue suisse J.-D. Michel est-il un imposteur ? Si oui, les zététiciens du net le sont aussi.

En premier lieu, je me dois de préciser que ceux qui ont eu le courage de lire mon dernier ouvrage Sciences humaines et pensée critique, pensée saine Vs pensée perverse savent combien j’estime indispensable de travailler à développer une pensée critique (expression que je préfère à celle d’« esprit critique » pour les raisons que j’explique dans cet essai), car elle seule est à même de faire opposition et contrepoids à la pensée perverse qui se fait de plus en plus sentir actuellement dans notre société. En théorie, je ne peux donc que saluer l’entreprise des zététiciens. Pour ce qui en est de la pratique… c’est ce que nous allons découvrir ensemble.

Bien plus qu’un outil, la pensée critique est un ensemble d’habilités et de « prouesses » intellectuelles qu’il nous faut développer et entretenir pour préserver notre intégrité mentale et notre libre arbitre. À ce titre, je rappellerais simplement que la manipulation a pour finalité de nous déposséder de notre libre arbitre en court-circuitant nos capacités d’analyses et nos facultés de discernement, etc. (voir Philippe Vergnes, 2011, Manipulation et perversion narcissique : comprendre, agir, s’en prémunir). La pensée critique est le seul moyen que je connaisse, et probablement le seul qui existe, pour résister aux assauts de la pensée perverse – à haute visée manipulatoire – telle que définie par Paul-Claude Racamier (voir l’article « Le décervelage : l’apanage le plus redoutable de la pensée perverse… et du harcèlement »). Toutefois, la pensée critique exige un effort que ne fournissent pas toujours ceux-là mêmes qui la promeuvent. C’est ce constat qui m’a poussé à écrire mon dernier livre cité supra et c’est également ce qui me pousse à vous faire part de mes préoccupations concernant certaines dérives que nous sommes de plus en plus nombreux à constater chez les « zététiciens du net » (les « zets »).

Qu’est-ce donc qu’un zététicien et de quoi s’occupe la zététique ?

Pour répondre à cette simple question ainsi que pour étayer cet article, je me réfèrerais au producteur de contenus Thomas C. Durand, alias Acermendax, qui anime depuis 2014 une chaîne You Tube, La Tronche en Biais (TEB), et un blog, La menace théoriste. Je précise que ce choix n’est en aucun cas personnel, mais bien conjoncturel compte tenu de l’actualité du moment.

Un zététicien est celui qui « cherche ». C’est un chercheur (sous-entendu : de vérité scientifique) qui explore les sujets qu’il soumet à son jugement critique avec une certaine rigueur méthodique. La fiche Wikipédia nous informe que le biologiste Jean Rostand qualifie la zététique d’« hygiène préventive du jugement ». J’aime bien l’expression d’autant qu’elle touche au fond de cet article. Elle a été remise au goût du jour par Henri Broch qui la définit comme étant L’art du doute (titre de l’un de ses ouvrages principaux sur la zététique). Nous sommes donc en droit d’attendre d’une personne qui promeut la zététique sur sa chaîne et son blog qu’elle puisse traiter un sujet avec une rigueur méthodique certaine et une « hygiène préventive du jugement ». Or, cette rigueur fluctue au gré des sujets traités par les « zets » comme en atteste l’exemple que nous allons étudier ensemble.

Mon attention a été récemment attirée par l’accusation de « complotiste » qu’a pu proférer Acermendax sur sa page FB envers Jean-Dominique Michel, l’auteur du livre Covid : anatomie d’une crise sanitaire, dont je vous conseille d’ailleurs la lecture. Lecture dont s’est manifestement dispensé Thomas C. Durand pour produire son article intitulé « Jean-Dominique Michel : imposteur de l’anthropologie médicale » paru sur son blog en date du 24 mai 2020. Dans cette enquête à charge qui relève d’un argumentum ad personam (dans L’art d’avoir toujours raison, Schopenhauer appelle cet argument l’ultime stratagème), Thomas C. Durand passe au crible le CV de J.-D. Michel afin d’assoir son affirmation énoncée par le titre de son article, mais sa production, malgré les apparences, est très loin d’être un parangon de vertu zététique. On peut même y relever plusieurs biais cognitifs.

Afin de ne pas vous faire perdre votre temps, je ne me contenterais que de quelques exemples.

Tout d’abord, après avoir détaillé la carrière médiatique de J.-D. Michel, Thomas C. Durand écrit à son sujet : « Son expertise extensible à volonté est l’indice d’un décalage probable entre le périmètre de ses compétences et celui de sa prise de parole. Pourquoi un anthropologue squatterait-il les plateaux télé pour parler d’autant de sujets sur lesquels on ne trouve trace d’aucun travail académique de sa part ? Nous sommes obligés de nous demander si l’expertise est authentique et s’il existe un travail de ce monsieur en coulisse de ses apparitions médiatiques. » (C’est moi qui souligne).

Il semblerait donc bien que pour Thomas C. Durand, le travail académique dans son champ de compétence soit une nécessité absolue afin de ne pas recevoir de sa part le qualificatif très infamant d’imposteur, de charlatan ou de bonimenteur qu’il aime à décerner au gré de ses publications à l’encontre des auteurs qu’il conspue, et ce, indépendamment du contenu qu’ils produisent. Ce qui témoigne ici d’un biais de jugement que l’on nomme le sophisme génétique qui est la « tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager ou le fond suivant la forme ».

Retenons simplement pour l’heure que pour trouver grâce aux yeux de Thomas C. Durand au CV impressionnant, il est indispensable d’avoir produit des travaux académiques dans son champ de compétence.

Je survole la plupart des paragraphes de l’article d’Acermendax qui tendent tous vers un même but et tourne autour de la démonstration du manque de production académique de J.-D. Michel pour me concentrer sur une autre remarque de l’auteur soulignant un témoignage relevé sous un autre article d’un blogueur mécontent des analyses produites par J.-D. Michel. Je vous en retranscris la séquence :

Acermendax : « Le contenu des interventions de Jean-Dominique Michel semble ne pas correspondre aux attentes des vrais anthropologues de la santé, comme en témoigne un (vrai) expert ; je vous suggère d’ailleurs la lecture de l’article sous lequel ce commentaire a été posté. Il souligne les propos fumeux du bonimenteur JDM.

Commentaire posté sous cet article. Par Ilario Rossi, docteur en anthropologie et sociologie, professeur associé à la faculté des Sciences Sociales et Politiques de l’Université de Lausanne où il enseigne l’anthropologie médicale et de la santé. » (C’est moi qui souligne).

Outre le formidable biais d’autorité dont use ici Thomas C. Durand, je vous conseille effectivement de lire cet article auquel le spécialiste de l’anthropologie Ilario Rossi souscrit entièrement, car c’est un article d’une subjectivité inouïe qui présente lui aussi un nombre encore plus conséquent de biais cognitifs que n’en comporte l’article de Thomas C. Durand. À ce stade-là, soutenir son propos en renvoyant à un article truffé de biais cognitifs, ce n’est plus de la zététique, c’est du règlement de compte et du harcèlement en réseau légitimé par d’insupportables biais de confirmation. Un matraquage d’autant plus suspect qu’il se fonde également sur un article et un commentaire qui n’ont ni plus ni moins que valeur de témoignage. Or, les témoignages, si l’on en croit Thomas C. Durand lui-même lorsqu’il en parle sur son blog ou qu’il débat avec Olivier Dodier, désormais docteur en psychologie sociale et cognitive, ben… ça vaut peanuts que dalle, nada, rien, etc. (voir la vidéo de la TEB « La Justice & la Science – Tronche en Live #23 » et notamment le passage à partir de 22:03). Pire encore, les témoignages sont pour Thomas C. Durand un terrain connu puisque pour lui ils font partie de la rhétorique des charlatans (cf. son article « Que valent les arguments des psychanalystes ? »).

Je ne vais pas me lancer dans un contre argumentaire complet du long et ennuyeux article auquel se réfère Thomas C. Durand qui clairement sort complètement les propos de J.-D. Michel de leur contexte d’énonciation en commettant des heuristiques de jugement que je retrouve très fréquemment chez certaines personnes témoignant de croyances inamovibles bien ancrées dans leur esprit. Ces gens-là sont généralement très politisés et curieusement, l’auteur de cet article ne se cache pas d’avoir âprement mené des mandats et des combats politiques d’une importance considérable à ses yeux. Ce qui est peut-être très légitime en soi, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille appliquer à l’encontre de J.-D. Michel, comme le préconise cet auteur, la solution de Karl Popper au paradoxe de la tolérance, car si tel était le cas, c’est envers celui qui en appelle à la persécution et à l’ostracisme qu’il faudrait appliquer le remède de Popper.

J’en veux pour preuve une affirmation qui m’a frappé pour un professeur qui a enseigné la philosophie de l’art. Daniel Musy, c’est ainsi qu’il se nomme, écrit dans son article au sujet d’une remarque de J.-D. Michel qui dénonce une dictature : « Pensée dérivante et délirante pour qui a lu comment Hannah Arendt expliquait les totalitarismes nazi et soviétique : la terreur y régnait ! » (C’est lui qui souligne en gras dans le texte d’origine !)

Plutôt que de vous fournir d’autres exemples de biais cognitifs et d’heuristiques de jugement qui jalonnent les articles de Thomas C. Durand et Daniel Musy, je préfère m’arrêter un instant sur l’affirmation de ce dernier qui ne comprend manifestement rien au totalitarisme. Ce constat n’est pas gratuit, il est le fruit de nombreuses années de recherches sur le sujet comme en atteste le contenu de mon blog. D’autant que si dictature il devrait y avoir aujourd’hui, elle ne ressemblerait en rien à ce qu’étaient les totalitarismes nazi et soviétique. Une telle comparaison est non seulement injustifiée, mais également trompeuse et des plus farfelues.

S’il est vrai que les totalitarismes se caractérisent par la terreur qui y règne, cette terreur peut prendre différentes formes. Des formes que ne pouvait pas observer et rendre compte Hannah Arendt et tous ceux qui ont étudié les totalitarismes du XXe siècle dont les observations ont toujours été faites a posteriori. Alors qu’actuellement, ce sont des analyses a priori ratione qu’il faudrait développer pour comprendre ce vers quoi nous nous dirigeons à grands pas. Ces analyses sont quasi inexistantes, ce qui n’empêche pas certains auteurs d’être en mesure de travailler sur le sujet. Encore faut-il qu’ils soient entendus, car nous avons des précédents. Ainsi, dans un texte de 1936 intitulé « Comment le fascisme vient aux nations » qui n’est réapparu que récemment, le philosophe Emmanuel Mounier écrivait : « Le régime a épuisé ses déceptions et, avec elles, ses raisons d’espérance. Le désespoir est aujourd’hui le seul fond de mémoire politique d’un nombre toujours croissant de citoyens ; ils s’y retrouvent de la droite à la gauche avec une complaisance prête à tous les détournements… Que les violents s’emparent de tous ces désespérés, les nourrissent de quelques forts mensonges, les irritent de tout ce qu’ils n’ont su servir et le fait psychologique sera accompli, qu’assez de complicités matérielles s’apprêtent à soutenir. C’est le moment de nous rendre familière la préhistoire des fascismes, trop oubliée, et de nous faire une science précise des fautes qui en ont permis le succès, des ruses qui leur ont ouvert les places apparemment les plus fortes. »

Et justement, au sujet des fautes qui en ont permis le succès et des ruses qui ont ouvert les places les plus fortes aux totalitarismes, il faut lire Hannah Arendt attentivement, car le diable se cache dans les détails. Ainsi a-t-elle aussi écrit : « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir, mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. » (Du mensonge à la violence, 1972) alors que préalablement elle avait pu dire : « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal » (Les origines du totalitarisme, 1951).

On le voit avec ces deux courts extraits, il ne suffit pas de lire Hannah Arendt pour prétendre comprendre le totalitarisme, encore faut-il aussi être capable d’extrapoler ses analyses pour les adapter à la situation que nous vivons actuellement. Un exercice dont sont malheureusement incapables ceux qui aujourd’hui critiquent les analyses de J.-D. Michel.

Je ne vais pas épiloguer longuement sur le sujet. Ceux qui souhaiteraient approfondir cette question pourront trouver de nombreuses informations sur mon blog qui ne traite que de cela (selon une approche psychologique). Mais parmi ceux qui voudraient se lancer dans l’étude des totalitarismes, qui connaît Victor Klemperer ?

Ce philologue juif allemand a scrupuleusement noté les apories de la langue du IIIe Reich durant toute la montée du nazisme de 1933 jusqu’à la libération en 1945. Ces notes sont aujourd’hui un précieux document à des fins d’analyses. Un tel travail a été produit en France, pour ce que j’en connais, seulement en 2010 lors d’un colloque à Cerisy et a ensuite fait l’objet d’une publication en 2012 intitulée Victor Klemperer : repenser le langage totalitaire. Un autre colloque a eu lieu sur ce thème en 2018 et n’a pour l’heure pas encore été retranscrit. L’organisatrice de ces colloques a écrit un article dans le premier ouvrage qui explique la pathologie des systèmes totalitaires en prenant l’exemple du nazisme. Une pathologie à laquelle j’ai consacré moi-même de nombreux articles de vulgarisation qui rendent insuffisamment compte de la complexité à en déceler les symptômes. Ce qui ne signifie pas pour autant que nous devrions rester aveugles aux indices désormais présents dans le discours politique de notre époque.

À l’heure actuelle, de plus en plus d’érudits prennent la parole pour dénoncer les avantages que peuvent ou pourraient tirer ceux qui ont tout intérêt à promouvoir la rhétorique anxiogène que nous subissons depuis des mois. Ce discours remplace la terreur dans la psyché des gens, car certains spécialistes des neurosciences savent bien qu’un certain type de paroles, celui qui est justement utilisé depuis le début de cette crise, provoque une anxiété supérieure à celle que nous éprouvons face à un danger réel. Or, il se trouve que par un curieux hasard, cette découverte émane… d’économistes qui pratiquent la neuroéconomie (j’en reparlerais tantôt, tant ce fait clinique d’une importance capitale est méconnu, en dire plus maintenant m’éloignerait de trop du fond de ce billet).

Il s’avère donc que lorsque J.-D. Michel qui est loin d’être le seul à pointer du doigt les dérives gouvernementales actuelles ne délire pas tant que cela lorsqu’il évoque le fait que nos régimes démocratiques sont en train de basculer dans ce qui ressemble de plus en plus à une dictature (pour n’en citer qu’un, lire par exemple André Comte-Sponville : « J’aime mieux attraper le Covid-19 dans un pays libre qu’y échapper dans un État totalitaire »).

Nous l’aurons compris, l’article d’Acermendax dénonçant J.-D. Michel comme étant un imposteur est fortement entaché de biais cognitifs. Mieux encore, il reproche à ce dernier et semble vouloir lui interdire des choses qu’il s’autorise lui-même (sic !) comme nous allons le voir maintenant. Quant à l’article de Daniel Musy, j’ai rarement lu un texte qui fasse autant étalage de la lecture de pensée qui est un biais d’interprétation proche de la divination. Ce contre quoi luttent les zététiciens… du moins en théorie, car la lecture de pensée est à la raison ce que l’horoscope est à la zététique. Il est quand même fort de café qu’un zététicien appuie sa démonstration sur un texte qui d’un bout à l’autre utilise un biais cognitif aux multiples effets pervers. Pratiquer la lecture de pensée, c’est comme inviter ses amis à une soirée « open-bar » spéciale biais cognitifs qui pourrait s’intituler : « Regarde comme je (te) biaise bien ». (Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Nous parlons ici de biais cognitifs). Attention, nous avons tous pratiqué un jour ou l’autre la lecture de pensée, mais comme toujours, d’une part, c’est l’excès qui est préjudiciable, et d’autre part, il est de notre responsabilité de nous abstenir de telles attitudes délétères envers autrui. Or, le texte de Daniel Musy n’est qu’une longue litanie pratiquant la lecture de pensée à l’excès. (Dans le cadre des objectifs affichés par le blog que vous lisez, un article était en préparation sur ce biais cognitif, ce qui m’oblige à préserver quelque peu le suspens, dans l’attente, ceux qui le désirent peuvent cependant découvrir cet excellent exposé : « Compétences relationnelles : les pièges de la lecture de pensée ».)

Ce qui nous amène à nous interroger sur ce qu’est un biais cognitif. Pour faire (très) court : « Un biais cognitif est une distorsion dans le traitement cognitif d’une information. »

Or, et c’est ici que les choses deviennent vraiment rocambolesques. La TEB de Thomas C. Durand a pour vocation de nous initier à la zététique et de nous apprendre ce que sont les biais cognitifs afin de nous en prémunir comme en atteste la bande-annonce de la chaîne.

Vous avez bien lu. Pincez-vous, vous ne rêvez pas. Et vous rêvez d’autant moins que le cas de Thomas C. Durand est loin d’être anecdotique chez les « zets ». Pourtant, l’étude des biais cognitifs est une discipline très sérieuse qui relève des sciences cognitives… pour lesquelles Thomas C. Durand n’a strictement aucune référence académique à en juger par son CV. C’est manifestement en autodidacte qu’il s’est formé à la compréhension des biais cognitifs, ce qui ne l’empêche pas de nous laisser croire, comme il le fait sur sa chaîne You Tube, qu’en « bon » vulgarisateur, il est un spécialiste des biais cognitifs parce que pour être à même de vulgariser un sujet, il faut d’abord bien le maîtriser. Ce qui est très loin d’être effectivement le cas chez Acermendax. Et si je devais en juger par ses propres biais qu’il exprime dans cet article et celui qu’il a écrit sur les psychopathes où il privilégie la piste génétique (quoi de plus normal pour un biologiste), il ne possède qu’un savoir livresque sur les biais cognitifs et n’a aucune aptitude à les déceler (pour quelqu’un qui se fait passer pour un « expert » des biais cognitifs, c’est assez déconcertant). J’en profite pour rappeler que sur le sujet de la psychopathie, le rapport d’audition publique de la Haute Autorité de Santé intitulé Prise en charge de la psychopathie, précisait que « les études de jumeaux ne montrent pas de façon unanime une contribution génétique au trouble personnalité antisociale (des résultats positifs dans [8] et négatifs dans [9]) » (p. 35) et que « les explorations neuroradiologiques, neuropsychologiques ou neuroendocriniennes, les études génétiques n’ont pas donné, malgré leur nombre, de résultats probants » (p. 27) chez les enfants. En revanche, « les études d’adoption montreraient une forte interaction gène – environnement [10] » (p. 35). Or, ce rapport date de 2008 (la même année que l’étude qui sert de référence à Thomas C. Durand pour étayer son article sur la psychopathie) et en 2008 nous ne connaissions pas encore (publiquement) l’épigénétique. Si bien que nous pourrions penser que l’interaction gène – environnement c’est à la louche 50/50 pour ne fâcher personne. Ce qui est un biais d’équiprobabilité. Il n’en est rien : compte tenu des avancées scientifiques actuelles, nous pouvons établir un rapport de 15 – 85 %. Écoutez bien ce qu’en dit Joël de Rosnay dans cette courte présentation : « Epigénétique ».

Thomas C. Durand a même publié un livre sur les biais cognitifs paru chez… le même éditeur qui a publié le livre de Jean-Dominique Michel. J’ai trouvé ce pied de nez du hasard particulièrement croustillant, car dans quelle mesure s’estime-t-il légitime de voir son livre publié chez un éditeur réputé pour son sérieux scientifique alors qu’il ne possède aucune compétence académique en la matière (aucune formation de psychologue cognitiviste), alors que dans le même temps il souhaiterait voir interdire un livre (qu’il n’a pas lu) chez ce même éditeur pour le soi-disant manque de formation académique de J.-D. Michel en anthropologie. Excusez-moi de vous le dire un peu brutalement, mais là, nous nous trouvons dans la situation de quelqu’un qui pratique l’art d’« enfumer » son public. Ce que j’avais à une certaine époque métaphorisé lors de mon interview au journal l’Obs de la façon suivante : « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais et surtout puissiez-vous ne rien comprendre à ce que je vous raconte de manière à ce que, quoi que vous pensiez, quoi que vous disiez ou quoi que vous fassiez, je puisse toujours avoir raison » (L’Obs, mars 2012 : « Pervers narcissiques : “Les personnes les plus intelligentes sont les plus exposéesˮ »).

Que déduire de tout ceci ?

Qu’à n’en pas douter, si nous devions utiliser les critères dont Acermendax se sert pour justifier sa « chasse aux sorcières », alors, nous devrions légitimement en conclure que Thomas C. Durand est un imposteur… et un imposteur d’autant plus dangereux que sa communauté de « zets » se compte en milliers de personnes (plus de 209 000 abonnés sur sa chaîne). L’abondance de biais cognitifs tant en ce qui concerne l’article de Thomas C. Durand que celui de Daniel Musy qu’il invoque à l’appui de sa pseudo-démonstration atteste sans équivoque que ce qui a présidé à la rédaction de cet article est bien plus le système 1, émotionnel et intuitif, que le système 2, rationnel et cognitif (voir infra N. B.). Plus inquiétant encore, cela traduit chez cet auteur une réelle volonté de nuire à autrui que j’ai pu introduire avec mon article intitulé « Le meurtre de l’âme ou le meurtre psychique et la perversion narcissique ». C’est malheureusement souvent ce qui se produit lorsque l’on porte un jugement sur quelqu’un à coup d’accusations péremptoires plutôt que de combattre ses idées.

Ensuite, il faut se souvenir que les conseilleurs ne sont pas les payeurs et qu’il nous appartient de développer notre propre pensée critique pour trier le bon grain de l’ivraie et de nous exercer, quel que soit le texte que nous lisons (y compris celui-ci).

De même, qu’avant de juger autrui il vaut mieux tourner sept fois la langue dans sa bouche, car personne n’est à l’abri de biais cognitifs et qu’il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin que de voir la poutre que l’on a dans le sien. Nous venons d’en lire un exemple flagrant.

Garder également en mémoire que « les hommes et les femmes se divisent en trois classes ou ordres d’intelligence ; la plus petite par leur habitude de toujours discuter des gens ; la suivante de toujours discuter de choses ; la plus haute par leur préférence pour la discussion des idées » (Henry Thomas Buckle, historien anglais). Cela devrait vous éviter de dire des âneries sur des sujets sérieux.

Et enfin, tout cela démontre que la zététique est faillible et qu’elle devrait revoir le paradigme qui la fonde de manière à être un peu plus « inclusive » et moins dogmatique sans quoi elle continuera de se perdre dans les erreurs de raisonnement contre lesquelles elle prétend lutter. La zététique ne se pose pas toutes les bonnes questions qu’elle devrait se poser au sujet de la science. Dans la seconde vidéo de sa chaîne intitulée « Un peu de méthode (introduction à la zététique) », Thomas C. Durand présente la zététique comme « la science du doute », les zététiciens comme des gens qui « posent notamment la question : comment sait-on que l’on sait ce que l’on sait ? » (C’est moi qui souligne). Cependant, comme a pu nous le démontrer magistralement Robert N. Proctor, professeur d’histoire des sciences à l’université Stanford, cela ne suffit pas. Cet historien pousse plus loin que d’autres l’enquête sur la manière dont les connaissances peuvent être occultées en posant avec ténacité cette question ; « Pourquoi ne savons-nous pas ce que nous ne savons pas ? Que devrions-nous savoir et que ne devrions-nous pas savoir ? Comment pourrions-nous savoir différemment ? » (C’est moi qui souligne). Robert N. Proctor est également l’historien des luttes contre le cancer, montrant comment la priorité qui a pu être donnée à certaines époques à la génétique fonctionnelle peut créer elle-même de l’ignorance si elle conduit à enquêter de manière moins précise sur les facteurs environnementaux et comportementaux (ce qui s’est également produit pour les recherches sur la psychopathie, voir supra). Ses recherches l’ont conduit à développer une discipline qu’il a appelée l’agnotologie, du grec agnos « ne pas savoir » et du suffixe -logos « étude ».

L’agnotologie possède quelques similitudes avec la zététique, mais elle pousse plus loin, vraiment beaucoup plus loin, le questionnement sur les raisons qui font que nous sommes ignorants. Les zététiciens connaissent-ils l’agnotologie ? J’ai maintes fois posé la question, je n’ai toujours pas eu de réponse et c’est en cela que leur discipline est faillible et quelque part « inadaptée » au monde complexe dans lequel nous vivons aujourd’hui.

De plus, à force de se focaliser sur le paranormal, la zététique s’est pourvue d’œillères et oublie tout un pan du réel et de la connaissance humaine acquise depuis l’aube des temps. Le côté de ce que le philosophe des sciences Ken Wilber nomme le « sentier de gauche », celui de l’interne, de la conscience, du dialogue, de l’interprétation, de la subjectivité et de l’intersubjectivité, etc. (cf. « Ken Wilber : en marche vers une révolution jaune » et « Ken Wilber et la spirale dynamique de Carle Graves »). Or, il ne fait strictement aucun doute qu’une telle focalisation les aliène à l’une des erreurs fondamentales de jugement identifiées par ce philosophe des sciences. Une faute de raisonnement qu’il nomme « erreur catégorielle » et que je préfère pour ma part renommer « dissonance interthéorique » à découvrir dans mon dernier ouvrage, car il me serait beaucoup trop long de l’expliciter ici pour la rendre claire et compréhensible par tout un chacun. Mais que le lecteur sache que pour Ken Wilber, cette erreur de raisonnement est responsable de la plupart des guerres et des crises que l’humanité a traversées jusqu’à aujourd’hui. Elle mérite donc que l’on s’y attarde (ce qui n’est déjà plus du ressort de cet article qui dépasse allègrement les 4.000 mots et probablement le seuil d’attention de certains lecteurs peu entraînés à rester concentrés suffisamment longtemps pour ne pas tomber dans les erreurs d’interprétation).

Philippe Vergnes

N. B. :
Je n’ai pas relevé dans l’article de Thomas C. Durand tous les biais cognitifs dont il témoigne. Par exemple, j’ai souligné chez cet auteur l’importance des productions académiques dans ses critères pour dénicher les imposteurs, les charlatans et autres escrocs en tout genre. Mais de la façon dont Thomas C. Durand a présenté cela dans son article, c’est en fait un biais de jugement nommé ancrage mental ou biais d’ancrage. ou encore effets de cadrage que Daniel Kahneman (le psychologue prix Nobel ayant suscité l’intérêt des scientifiques sur les biais cognitifs) dénonce comme étant majoritairement responsable de la prise de décision en fonction de critères superficiels (cf. Daniel Kahneman, Système 1 / système 2, les deux vitesses de la pensée). Il ajoute également que : « Ces phénomènes, aisément explicables par la nature propre du Système 1, sont une redoutable remise en question de l’idée de rationalité privilégiée en économie classique ». Petite info supplémentaire au passage, le « cadrage » (ou ancrage mental) est l’une des plus puissantes techniques de manipulation utilisée en marketing. Par exemple, vous souhaitez acheter une nouvelle maison ou louer un nouvel appartement, votre conseillé immobilier va donc vous faire visiter plusieurs maisons ou appartements à vos goûts en prenant bien soin d’organiser son circuit de visites en commençant par une maison ou un appartement minable dont les prix (de vente ou de location) auront été volontairement « gonflés » afin de vous faire accepter sans négocier le prix qui vous sera exigé sur le véritable bien à vendre ou à louer… Et vous n’y aurez vu que du feu content d’avoir fait une « bonne affaire ».
L’article de Thomas C. Durand ici critiqué est bien plus commercial qu’il n’est informatif. Surtout lorsque l’on prend en compte les explications qu’a pu fournir Sylvie Vullioud avec qui il a échangé sur Twitter qui nous précise que la distinction entre l’expert académique et l’expert professionnel est plus culturelle que personnelle (conception différente en France et en Suisse). Or, Jean-Dominique Michel vit en Suisse… pas en France. Ce dont Thomas C. Durand n’a visiblement que faire témoignant d’un autre biais cognitif (un de plus) appelé erreur fondamentale d’attribution.

14 commentaires

  1. Belle démonstration. La prétendue neutralité scientifique n’existe pas et c’est scientifiquement démontré, n’en déplaise aux fidèles du dogme réduit in fine aux procès d’intention.
    Aussi et dans ce contexte, qu’elle sont les limites de la démarche scientifique pour identifier et définir la perversion ?

    • Tout d’abord merci pour votre appréciation et surtout pour votre question, car il s’agit bel est bien d’un procès d’intention lorsque l’on pratique la lecture de pensée. Je consacre mon prochain article à ce biais cognitif qui est à mon sens l’un des plus répandu dès lors qu’une polémique s’installe entre plusieurs intervenants (j’avais besoin d’écrire l’article ci-dessus pour m’en servir d’exemple avant de traiter le problème de la lecture de pensée).
      Quant à votre question, elle demanderait un peu de réflexion et probablement un long développement. J’ai quelques indicateurs personnels qui me mettent en alerte dès que j’en vois les signes, en priorité, ce sont les amalgames et la confusion. Partout où il y a amalgames et confusion, il y a risque de générer des dérives perverses. Au niveau scientifique, je retrouve cela bien souvent dans le manque de maîtrise de certains concepts, notions ou outils dont se servent certains pour en critiquer d’autres. Par exemple, l’épistémologie est un outil précieux, mais les zététiciens l’ont détourné pour s’en servir comme arme contre ceux qu’ils conspuent. L’inversion est également un phénomène récurent dans les perversions, mais il y a toute une panoplie d’inversions diverses à lister, ça peut-être l’inversion des valeurs, le renversement de la charge de la preuve, l’inversion des rôles, etc.
      Sinon, dans un contexte « normal », j’avais donné un récapitulatif significatif dans l’un de mes premiers articles sous forme de tableau (qu’il ne faut pas lire de façon manichéenne, mais plutôt concevoir cela sous forme graduelle) : https://perversionnarcissiqueetpsychopathie.com/2013/01/07/comment-reconnaitre-un-pervers-narcissique-manipula-tueur/
      Dans un contexte scientifique, ou plutôt épistémologique, il faudrait se pencher sur la question et étudier cela sérieusement. Mais pour moi cela à avoir avec l’excès et l’aveuglement auquel cet excès nous mène vis-à-vis des différents domaines de la connaissance (cf. mes articles sur Ken Wilber et mon dernier livre).

  2. Il n’en demeure pas moins que le seul examen du curriculum de formation de Jean-Dominique Michel appelle des questions – dans le sens de cette pensée critique que vous mentionnez. Si l’on peut admettre qu’être détenteur de titres universitaires n’est pas causalement un gage de compétences, mais un pré-requis à ces dernières, force est de constater que ceux de JMD sont assez flous, c’est le moins que l’on puisse dire.

    Je relèverai tout particulièrement ce titre de « bachelor’s degree en arts & sciences » de l’Université de Montréal qui ne veut strictement rien dire. Effectivement, ou l’on est détenteur d’un Bachelor en arts (BA) ou en sciences (BSc), mais les deux en même temps… Ou alors il en a deux, un BA et un BSc et il serait de bon ton qu’il l’explicite… Dans l’intervalle, on ne sait pas et le flou règne.

    Quant aux publications, qui sont peu nombreuses dans le cas de JMD, là également, elles ne sont pas gage d’une éventuelle qualité d’anthopologue de la santé… Mais il est communément admis que le fait de publier dans des revues scientifiques ayant un comité de lecture démontre une certaine activité dans son domaine de prédilection.

    Il fait également état de formations auprès de la « Psycho-Physics Academy » de Londres, société à responsabilité limitée privée, fondée en 1993 par un dénommé Jean-Paul André Gérome, artiste peintre de son état – d’après ce que l’on peut en apprendre sur Internet (qui, je le concède, n’est pas nécessairement la source de renseignements la plus fiable), et dissoute en 1999…

    Afin de pouvoir affirmer que, contrairement à ce que je suis enclin à penser, JMD n’est pas un imposteur, il conviendrait qu’il produise tous les diplômes qu’il dit avoir obtenu et qu’il explique par quelles voies il en est arrivé à se présenter comme « anthropologue de la santé ». Tant qu’il ne l’aura pas fait, le doute restera permis et JMD pourra difficilement se départir de son image d’illuminati qui a été « forcé de comploter contre son gouvernement pour se procurer de l’hydroxychloroquine sur un parking » car il aurait été atteint du Covid-19 (citation de l’édifiant vidéo qu’il a lui-même publiée de sa conversation avec Silvano Trotta)…

    Non, vraiment, la pensée critique ne saurait s’exercer comme vous le faites.

    • Tout d’abord, merci pour votre commentaire qui me permet d’apporter des précisions sur ce qu’est une véritable pensée critique, car il est évident que nous n’en avons ABSOLUMENT pas la même définition.

      Vous dîtes en conclusion de votre démonstration : « Non, vraiment, la pensée critique ne saurait s’exercer comme vous le faites. »

      Cette affirmation témoigne à tout le moins d’une profonde confusion entre ce que peut être une véritable pensée critique et une critique (au sens péjoratif du terme, cf. la définition qu’en donne le dictionnaire CNRTL). Je commente longuement cette distinction indispensable à faire dans mon livre. Elle est un indicateur simple et rapide à connaître pour savoir si une personne dispose ou non d’un sens critique suffisamment aiguisé pour se permettre de revendiquer en posséder un un tant soit peu, car la véritable pensée critique est TOUJOURS dirigée sur les idées et c’est contre elle qu’elle s’exprime arguments à l’appui. JAMAIS la pensée critique ne s’exerce sur les personnes quelles que soient ses « bonnes » raisons. De fait, il m’importe peu de connaître le CV de quelqu’un et de savoir s’il a oui ou non menti pour se valoriser (d’autant que notre société nous pousse à ce genre d’imposture, cf. l’excellent livre de Roland Gori, La fabrique des imposteurs). Ce qui m’importe au contraire, ce sont les idées exprimées et non les commentaires sur leur auteur. C’est bien contre cela que s’insurge mon article en dénonçant les apories des critiques de la TEB envers JDM. et ce pour une raison fort logique, c’est que l’on ne peut pas combattre un problème avec les mêmes modes de pensée que ceux qui ont servi à le créer. Or, l’attaque à la personne sous forme de dénigrement, disqualification, misse à l’index, etc., c’est de la pensée perverse. Ni plus, ni moins.

      Parmi tous les auteurs qui se sont intéressés à la pensée critique et qui en ont chacun apporté une définition personnelle, je n’en ai trouvé aucun qui ait pu prétendre que la pensée critique était dirigé vers les personnes en lieu et place des idées… à l’exception des zététiciens.

      Il y a une très belle citation d’Henry Thomas Buckle, déjà cité dans l’article, qui résume bien tout ceci : « les hommes et les femmes se divisent en trois classes ou ordres d’intelligence ; la plus petite par leur habitude de toujours discuter des gens ; la suivante de toujours discuter de choses ; la plus haute par leur préférence pour la discussion des idées ».

      Alors si c’est pour vous entendre vous lamentez sur Pierre, Paul ou Jacques, il est inutile de me répondre, mais si vous avez des arguments de fond à porter à ma connaissance concernant les idées fausses que diffusent J.-.D Michel, vous serez toujours le bienvenu.

  3. Vous devriez convenir que mon commentaire ne concerne en rien les idées (je ne les évoque pas) que professe Monsieur Jean-Dominique Michel, mais son parcours de formation (assez flou en l’état de ses publications sur les réseaux sociaux, LinkedIn en particulier) qui l’amène à se définir comme un « anthropologue de la santé ».

    Et puis, la solution de facilité consistant à dire que celui qui prend le contrepied d’affirmations souffre de confusion est un peu facile.

    Je ne saurais donc dire si je dois me placer dans l’une ou l’autre des trois catégories d’intelligence que vous mentionnez. Vous le ferez sans doute bien mieux que moi, et de manière péremptoire. Je vous laisse donc à cette besogne, tout en acceptant volontiers l’idée que l’on est toujours le con de quelqu’un d’autre. Cela a un côté assez rassurant, d’ailleurs et je peux vivre agréablement avec l’idée d’être le vôtre.

    Je vous souhaite le bonjour – ou le bonsoir, c’est comme vous voulez.

    • « Vous devriez convenir que mon commentaire ne concerne en rien les idées. »
      J’en conviens d’autant plus que c’est exactement ce sur quoi porte ma critique à votre premier commentaire.
      Indépendamment de sa supposée « facilité », pointer du doigt la confusion que vous faites entre « pensée critique » et « critique » (au sens péjoratif du terme, cf. la définition du CNRTL ai-je écrit) est tout bonnement factuel et cela répond à votre affirmation péremptoire venant conclure votre première intervention.
      Quant au reste de votre post auquel je réponds maintenant, c’est de la lecture de pensée… le sujet de mon prochain article. Un truc complètement débile auquel pourtant nous cédons souvent et dont la fréquence chez un individu est inversement proportionnelle à ses capacités et son aptitude à la pensée critique.

  4. « Imposteur : subst. masc.
    B. − Celui qui cherche à abuser autrui sur sa propre personne, en feignant les apparences de la vertu, de la sagesse, de l’intégrité, du savoir. »
    https://www.cnrtl.fr/definition/imposteur

    Autrement dit : se faire passer pour ce qu’on n’est pas pour mieux faire croire ce qu’on croit savoir.

    S’il y a argument d’autorité c’est d’abord du côté de JDM.

    JDM prétend avoir enseigné dans je ne sais combien d’universités différentes sur son linkedin (sans plus de détail sur les cours en question) mais nulle trace de cela ailleurs… sur les sites des universités en question, par exemple.

    Pareil, sur son blog ça fait du namedroping à la pelle de « sommités dans leur domaine » avec qui il aurait travaillé mais nulle trace de leur soi-disant collaboration où que ce soit…

    S’inventer des dizaines de cautions académiques en réalité inexistantes ; les instrumentaliser à des fins privées pour son propre business (coaching/développement personnel/chamanisme…) ; se faire présenter dans ses interventions médiatiques comme un « expert mondial en santé publique » quand on n’a pas la moindre qualification dans ce domaine : si ce n’est pas de l’imposture alors le concept m’échappe.

    • Dans la définition du mot « imposteur » que vous avez sélectionnée, il y a surtout le verbe « feindre » qui récapitule le sens vieilli et le point A communiqué par ce dictionnaire :
      « A. − Celui qui trompe, qui abuse autrui par des mensonges, de fausses promesses, dans le but d’en tirer un profit matériel ou moral. Synon. fourbe, menteur, trompeur…
      Sens vieilli. Celui qui répand sur autrui des accusations mensongères. »

      Ainsi, l’abus dont il est question dans l’imposture implique la feinte, la simulation, la facticité ET surtout le mensonge ou la tromperie, etc. Or, le métier de JDM est-il factice ? Exerce-t-il oui ou non une profession qui a rapport avec l’anthropologie médicale ?

      Dans notre représentation française cela serait probablement « interdit » (bien que je n’ai pas trouvé que le titre d’anthropologue soit protégé par la loi, ce qui revient à dire que n’importe qui peut endosser ce titre sans en avoir les qualifications). Or, ce n’est absolument pas le cas de la Suisse comme le précise très bien Sylvie Vullioud avec qui la TEB a pu échanger. Le problème ici est de plaquer nos représentations françaises sur une spécificité culturelle différente de la notre. Si comme Sylvie Vullioud l’indique, JDM exerce la profession d’anthropologue médical d’un point de vue privée et non pas public (académique), du point de vue de son pays d’origine, il n’est en rien un imposteur et Acermendax construit tout son raisonnement sur une formidable erreur fondamentale d’attribution (comme indiqué à la fin de mon article).

      En outre, de part la profession de JDM, les « mandats et charges d’enseignement » stipulés à son CV ne sont certainement pas des mandats académiques, mais plutôt des interventions lors de colloques, conférences, journées de formation, etc. qui font appel à des intervenants extérieurs. C’est du moins ainsi que je le comprends étant moi-même consultant. Si je le désirais, même en France, je pourrais intervenir sur certains sujets en milieu scolaire (ces interventions sont encadrés par la loi) tout en n’étant pas professeur. Si ensuite je mentionne sur mon CV avoir obtenu un mandat d’intervention dans certains milieux scolaires, ce ne serait pas une imposture. Ce qui en serait une, par contre, ce serait de mentir sur le fait d’être réellement intervenu dans telle ou telle autre université si je ne l’avais pas fait. Et cela, il faudrait le vérifier pour JDM, ce que justement la TEB s’est refusée à faire (il le précise lui-même dans la vidéo qu’il a réalisé sur JDM ultérieurement à ces écrits si mes souvenirs sont exacts).

      Sur le name droping, je veux bien vous croire vu que je n’ai lu que deux ou trois articles de JDM sur son blog. Par contre, ayant lu son livre et sauf à confondre le « name dropping » avec le fait de citer une personnalité émettant un point de vue similaire aux siens pour étayer ses affirmations (ce qui n’est pas un « crime », mais relève plutôt d’un esprit de synthèse), je n’ai rien vu de tel.

      Tout votre commentaire (ainsi que l’article d’Acermendax) repose en fait sur cette confusion privée/public et cette différence culturelle qui existe entre la France et la Suisse dont vous ne tenez pas compte dans votre raisonnement. Et ensuite, de fil en aiguille, vous vous montez le bourrichon (comme le dit l’expression) pour justifier votre analyse par de somptueux biais de confirmation.

      Tout ceci n’a que pour seul but de détourner l’attention des véritables sujets qui devraient nous préoccuper compte tenu de la gravité de la crise que nous traversons à l’heure actuelle. Et c’est bien la raison d’être de mon article qui plus est démontre l’absurdité de l’attaque ad hominen au regard de ce qu’est véritablement la pensée critique, car jamais la pensée critique ne s’exerce envers les personnes, mais toujours envers les idées. Or, s’abstenir de critiquer autrui est bel et bien une exigence propre au « penseur critique » (« critical thinker » sur le modèle duquel s’identifient les zététiciens, voir la thèse de R. Monvoisin) qui eux ne s’attaquent qu’aux idées émises. Le comble ces derniers temps, c’est de voir des zététiciens, c’est-à-dire des promoteurs de la pensée critique, s’en prendre de plus en plus aux personnes. Je ne sais pas si vous réalisez bien tout le paradoxe de cette situation, car on peut à ce titre affirmer qu’un zététicien auto-proclamé qui profère des attaques ad hominen est, quant à lui, un véritable imposteur.

      PS :
      Si vous trouvez un jour un véritable penseur critique qui puisse prétendre le contraire de ce que j’affirme ici sur ce qu’est la pensée critique, je vous saurez gré de bien vouloir me l’indiquer et je ne manquerais pas de tenir compte de cette information après vérification de la source et du contexte dans lequel elle a été émise, mais je doute fort qu’une telle chose existe puisque malgré les nombreuses définitions qui existent de la pensée critique, ceux qui ont planché sur le sujet sont unanimes sur la question : c’est sur les idées que s’exercent la pensée critique et non pas sur les personnes.

  5. Ce qu’il y a d’amusant avec Philippe Vergnes, c’est qu’il tombe lui-même dans les travers qu’il reproche à autrui. Il ne supporte pas la moindre contradiction et ceux qui se risquent à un avis divergent souffrent de « confusion » ou de « biais cognitifs ». Un magnifique effet-miroir.

    Et, à l’instar des pervers narcissiques, ses logorrhées auto-justificatrices ne servent qu’à noyer le poisson. Il n’est pas plus scientifique que vous et moi et vit dans un monde d’illusion. Il pense, comme beaucoup, qu’il suffit de répéter n’importe quelle stupidité pour en faire une vérité

    Mais bon. Chacun sa croix.

    • « Ce qu’il y a d’amusant avec Philippe Vergnes, c’est qu’il tombe lui-même dans les travers qu’il reproche à autrui. Il ne supporte pas la moindre contradiction et ceux qui se risquent à un avis divergent souffrent de « confusion » ou de « biais cognitifs ». »

      Accusation sans preuve ni démonstration = diffamation. Il n’y a pas le moindre argument contradictoire dans vos propos. Pas la moindre démonstration. Il ne s’agit donc pas de contradiction, mais bel et bien d’agressivité et de violence psychologique dont vous n’avez manifestement aucune conscience. Tout n’est qu’affirmations péremptoires, lecture de pensée et attaque ad hominen de votre part. Ces biais cognitifs si fréquents qui justement tournent à l’obsession… chez les pervers et les paranoïaques (thème de mon prochain article). C’est bien la raison pour laquelle je vous laisse me diffamer sous mes propres articles (ce qui ne saurait durer longtemps, vous serez bloqué à votre prochaine diffamation, car les calomnies, les diffamations, les insultes, etc. n’ont pas leur place sur ce site).

      Quant à ce qui me concerne, l’article ci-dessus démontre s’il était encore nécessaire de le faire que la TEB a rédigé son article sur JDM sous l’emprise de nombreux biais cognitifs dont certains ne sont pas nommés tant il y en a. Nulle attaque personnelle dans cet article, pas de jugement de valeur mais seulement des jugements de fait au contraire de vos commentaires qui reflètent l’attitude qu’a eu la TEB envers JDM et plus généralement celle que les zététiciens adoptent envers leurs contradicteurs. Ce que de plus en plus de personnes commencent à percevoir en dénonçant les dérives sectaires des « zététiciens du net » (ma liste commence à s’allonger sérieusement).

      Mais je vous le concède, la preuve appartient toujours à celui qui accuse et comme en l’occurrence ici vous n’apportez strictement aucune preuve venant étayer vos accusations péremptoires que vous assénez avec une certitude inouïe, laissez-moi tout de même apporter la preuve de la mienne (d’accusation) lorsque je dis que vous tombez (sombrez) dans la confusion.

      Cette remarque, et je l’ai déjà précisé, avait rapport à votre dernière affirmation péremptoire (encore une) portée à mon attention lors de votre premier commentaire ici à savoir : « Non, vraiment, la pensée critique ne saurait s’exercer comme vous le faites. » Phrase qui atteste de votre part et sans aucune ambiguïté possible que vous ne comprenez strictement rien à ce qu’est la pensée critique et que vous la confondez avec la critique telle que les dictionnaires dignes de ce nom la définissent. Du point de vue du CNRTL, vous confondez ce qu’est une véritable « critique » (que l’on nomme désormais « pensée critique » en raison de la confusion qu’entraînent des individus tels que vous) avec la « critique » au sens péjoratif du terme qui est la « tendance caractérielle à relever les défauts, les imperfections » d’autrui comme vous venez de le faire dans tous vos commentaires ici même. (https://www.cnrtl.fr/definition/critique)

      Ce qui fait de vous, que vous en ayez conscience ou pas, un véritable imposteur au sens vieilli du terme comme à ses sens communs (https://www.cnrtl.fr/definition/imposteur). Et ceci est un jugement de valeur que je me permets de poser d’après vos trois interventions sur ce site qui n’ont d’autre fondement argumentatif que les affirmations péremptoires, la lecture de pensée et les accusations sans preuve (et ce seront les dernières si vous ne revenez pas à plus de raison dans vos commentaires).

  6. Ce qu’il y a de marrant c’est le choix de pseudo comme Mendax pour un Déblogeur très blagueur…
    Là est SA SEULE honnêteté et son effet miroir narcissique…

    mendax :
    Menteur, malhonnête.
    (vir) mendax et gloriosus, Plaute. Curc. 4, 1, 10
    menteur et fanfaron.

    https://fr.wiktionary.org/wiki/mendax

    • Ha oui quand même…
      Effectivement, c’est tout un programme. La définition du wikitionnaire est parfaitement claire. Je n’aurais jamais pensé à aller chercher la signification étymologique d’un pseudo, alors que j’utilise couramment ce type de recherche dans l’analyse courante des textes.
      Merci pour l’info

      • Quand on a affaire à un malhonnête comme ce Thomas Durand C, et qu’on le dit , ce n’est ni diffamation ni calomnie .. Sur son site , il se permet d’attaquer des intervenants du film Hold-up en les insultant , on lui fournit toutes les preuves sourcées que ce qu’il affirme est faux . Mais rien n’y fait, ses certitudes blaphématoires de sa zénétique ne sont en rien changées , aucunement !

        Ce type fait de la propagande de pseudo sciences en inverse accusatoire classique des pervers , et contrairement a ce qu’il affirme dans ses controverses , ses vérités de comptoirs restent sur sa page . Alors pour un type aux maigres references professionnelles ( je sais de quoi je parle , je suis dans son domaine ou proche ..) qui ose se dire scientifique à la démarche scientifique , je dis ARNAQUE , tout comme son écho de l’AFIS aux mêmes sources uniques et orientées toujours . Avec ces arnaqueurs de la pensée unique on surfe sur la bande FM .. et là ..on doit se taire , ils sont nombreux et puissants dans leurs menaces !

        By the way , ACER en latin veut dire vif incisif tranchant .. donc menteur incisif .. c’est son pseudo choisit , ses adeptes suivent , aveuglément et en consentement subliminal .

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